La présidentielle péruvienne s’enlise dans la controverse après un premier tour marqué par de graves dysfonctionnements, alimentant contestations et incertitudes. Le candidat ultraconservateur Rafael López Aliaga a donné mardi « 24 heures » aux autorités pour annuler le vote, dénonçant une « fraude », lors d’un rassemblement de partisans dans la capitale.
Selon des résultats partiels, Keiko Fujimori arrive en tête avec environ 17 %, tandis que la lutte pour la seconde place reste serrée avant un éventuel second tour prévu le 7 juin. Roberto Sánchez, candidat de gauche, progresse et pourrait créer la surprise.
Le scrutin a été perturbé par des défaillances logistiques, contraignant plus de 50 000 électeurs à voter avec un jour de retard. Si la mission d’observation de l’Union européenne évoque l’absence de preuves de fraude, elle reconnaît de « graves dysfonctionnements ».
Dans ce climat tendu, les appels à l’annulation du vote se multiplient, tandis que les autorités judiciaires ont ouvert des enquêtes visant des responsables électoraux. Dans un pays miné par une instabilité chronique — huit présidents en dix ans — la crise actuelle ravive la défiance d’une partie de la population envers les institutions.

