JACMEL, Haïti, 16 avril 2026 (Rezo Nòdwès) — Des centaines de manifestants ont défilé pour une deuxième journée consécutive dans la ville de Jacmel, exprimant leur inquiétude face à la dégradation de la sécurité dans le département du Sud-Est. En traversant plusieurs quartiers, les protestataires ont marqué un arrêt devant la résidence familiale du directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), Vladimir Paraison, originaire de la région, où ils ont remis un message à sa mère, en lui demandant de le transmettre directement à son fils. Ils ont affirmé que celui-ci devait se retirer s’il ne parvenait pas à garantir la protection des populations.
Cette mobilisation fait suite aux violences survenues à Séguin, où des hommes armés ont causé la mort d’environ une dizaine de personnes, incendié des habitations et détruit des biens publics et privés. La gravité de ces événements a ravivé les préoccupations liées à l’expansion des groupes armés dans des zones jusque-là relativement épargnées par ce type d’attaques.
Malgré la tension, la manifestation s’est déroulée sans incidents majeurs et dans un climat globalement maîtrisé. Les commerces sont restés ouverts tout au long de la journée, traduisant une volonté des participants de concilier mobilisation citoyenne et maintien des activités économiques locales, sans provoquer de paralysie urbaine.
Les manifestants redoutent une extension du phénomène d’insécurité dans le Sud-Est, évoquant le risque de voir certaines zones échapper au contrôle de l’État, à l’image d’autres régions du pays. Déjà, lors de la première journée de mobilisation, des barricades avaient été érigées et des appels pressants lancés pour un renforcement du dispositif policier. La reconduction du mouvement traduit une pression accrue sur les autorités sécuritaires, sommées d’apporter des réponses concrètes face à une crise perçue comme durable.

