CAP-HAITIEN, 15 avril 2026 — Le territoire haïtien enregistre, sur une courte période, un cumul d’événements meurtriers ayant causé la mort de plus de soixante personnes, dans des contextes distincts mais révélateurs d’une fragilité institutionnelle persistante.
Dans le Nord, à la Citadelle Laferrière, un mouvement de foule non autorisé, survenu lors d’un rassemblement massif samedi, a entraîné la mort d’environ trente jeunes, principalement par asphyxie et compression thoracique dans des zones d’accès qui auraient dû être restreintes. Dans le Sud-Est, à Seguin, une attaque armée a coûté la vie à une dizaine d’individus, dans un climat de violence attribué à des groupes organisés opérant en dehors de tout contrôle étatique, alors même que les autorités auraient été informées en amont des risques.
Aux Gonaïves, un commerçant a été abattu par arme à feu au petit matin de mercredi dans son entreprise à Bienac, confirmant la persistance d’exécutions ciblées dans des centres urbains. Parallèlement, dans le Nord-Ouest, de fortes précipitations ont provoqué des inondations ayant fait au moins une quinzaine de victimes et occasionné des dégâts matériels considérables, avec des centaines d’habitations affectées.
La simultanéité de ces événements, relevant à la fois de dynamiques sécuritaires et de catastrophes naturelles, aggravée par l’effondrement d’un pont à Saint-Louis-du-Nord — pour lequel des fonds issus du programme PetroCaribe avaient été mobilisés — interroge la capacité des institutions publiques actuelles et des forces de police à assurer la protection des vies humaines, tant en matière de prévention des risques que de réponse d’urgence.

