23 avril 2026
À Montréal, les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026) avalisent la corruption endémique qui sévit, en Haïti, au Fonds national de l’éducation
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À Montréal, les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026) avalisent la corruption endémique qui sévit, en Haïti, au Fonds national de l’éducation

Lettre ouverte à Elmano Endara Joseph

À Montréal, les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026) avalisent la corruption endémique qui sévit, en Haïti, au Fonds national de l’éducation

Par Robert Berrouët-Oriol

Linguiste-terminologue

Ancien enseignant à la Faculté de linguistique appliquée de l’Université d’État d’Haïti

Conseiller spécial au Conseil national d’administration

du Regroupement des professeurs d’universités d’Haïti (REPUH)

Konseye pèmanan, Asosyasyon pwofesè kreyòl Ayiti (APKA)

Membre du Comité international de mise à jour du Dictionnaire des francophones

Montréal, le 23 avril 2026

photo couverture : FNE Facebook

Strabisme. « Lors de strabisme, les yeux ne sont plus coordonnés pour regarder ensemble le même objet. Ce trouble de la vue se caractérise par la déviation d’un œil par rapport à l’autre : un œil fixe l’objet à regarder et l’autre regarde ailleurs » (site des Hôpitaux universitaires de Genève, n.d.).

Paru dans Le National du 21 avril 2026 à la rubrique « Société », l’article d’Elmano Endara Joseph, « Éducation : Le FNE plaide pour une implication structurée de la diaspora haïtienne », a choqué nombre de lecteurs, d’enseignants et de directeurs d’écoles. Plusieurs d’entre eux nous ont fait part de leur indignation tout en précisant que les lecteurs du National ont droit à une information de qualité, rigoureuse et documentée…

En toute objectivité, une question s’impose : en publiant à la rubrique « Société » et non pas « Tribune » l’article d’Elmano Endara Joseph, Le National serait-il devenu —à son insu sans doute–, le porte-voix du Fonds national de l’éducation pourtant visé, en Haïti, par une enquête de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) au motif allégué dès le 4 juin 2025 de corruption systémique et de détournement de fonds publics ? Contrairement à la tradition de rigueur dans le traitement de l’information qui le caractérise depuis ses débuts, le National aurait-il accidentellement fait preuve de laxisme, de strabisme et de manque de vigilance éditoriale en publiant sans contrepartie critique l’article d’Elmano Endara Joseph ? 

L’on observe que tant sur le plan du contenu que sur celui des articulations du phrasé, l’article d’Elmano Endara Joseph n’est manifestement pas issu d’un travail de terrain, d’une enquête journalistique. Il ne provient certainement pas d’une recherche documentaire approfondie portant sur un dossier majeur, celui du Fonds national de l’éducation qui est la principale institution nationale haïtienne au chapitre du financement du secteur de l’éducation en Haïti. Une lecture comparative de son article et du « post » publié par le Fonds national de l’éducation sur son compte X le 18 avril 2026 révèle qu’Elmano Endara Joseph n’a fait que reproduire –paresseusement et à l’aune d’un persistant strabisme–, les grandes lignes du phasé du « post » du FNE. Le tableau qui suit en est l’illustration.

TABLEAU 1 – Exposé du contenu informatif : 

champs sémantiques apparentés

Article d’Elmano Endara Joseph, « Éducation : Le FNE plaide pour une implication structurée de la diaspora haïtienne », 21 avril 2026.« Post » de Élysé Colagène, Directeur du Fonds national de l’éducation, plateforme X, 18 avril 2026
(…) le Fonds national de l’éducation (FNE), partenaire principal de l’événement, a marqué sa participation par une série d’interventions axées sur la nécessité d’une mobilisation structurée de la diaspora. (…)Conduite par son Directeur général, M. Élysé Colagène, la délégation du FNE a défendu une approche stratégique visant à repositionner l’éducation comme pilier fondamental du processus de refondation nationale.Partenaire principal de cette édition des Journées Internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026), le Fonds national de l’éducation s’inscrit au coeur de cette mobilisation, en contribuant activement aux échanges à travers une délégation conduite notamment par son Directeur général, Monsieur Élysé Colagène.
 (…) le Fonds national de l’éducation (FNE), partenaire principal de l’événement, a marqué sa participation par une série d’interventions axées sur la nécessité d’une mobilisation structurée de la diaspora. (…) « Il ne s’agit pas uniquement de solliciter un appui financier, mais de promouvoir une intégration effective des compétences et de l’expertise de la diaspora dans le système éducatif haïtien », a fait valoir le responsable.L’institution y défend une orientation claire:  faire de l’éducation le socle d’une transformation durable, en mobilisant de manière structurée les ressources, les compétences et l’expertise de la diaspora haïtienne.

Une même ligne directrice, une constante : L’INVISIBILISATION DE LA CORRUPTION au Fonds national de l’éducation (FNE) avalisée aux Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026) à Montréal

L’INVISIBILISATION DE LA CORRUPTION au Fonds national de l’éducation (FNE) a connu son heure de « gloire » aux Journées Internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026) tenues à Montréal du 17 au 19 avril 2026. Cela est attesté par le « post » publié par le FNE sur son compte X le 18 avril 2026. Ainsi, « À Montréal, le Directeur général du Fonds national de l’éducation [présent aux Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026] invite la diaspora haïtienne à s’engager dans un projet éducatif moderne et inclusif pour Haïti… (…) Les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026) se poursuivent, à Montréal, dans une dynamique soutenue. Pendant trois jours, cet espace de réflexion rassemble des acteurs venus de divers horizons, autour d’une même exigence : identifier des leviers concrets pour accompagner la transformation du pays. Partenaire principal de cette édition des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026), le Fonds national de l’éducation s’inscrit au coeur de cette mobilisation, en contribuant activement aux échanges à travers une délégation conduite notamment par son Directeur général, Monsieur Élysé Colagène. L’institution y défend une orientation claire :  faire de l’éducation le socle d’une transformation durable, en mobilisant de manière structurée les ressources, les compétences et l’expertise de la diaspora haïtienne. (…) Dans ses différentes interventions, Monsieur Colagène a insisté sur la nécessité d’insérer cette contribution dans une logique cohérente et pérenne. « L’enjeu n’est pas seulement de mobiliser la diaspora, mais de la placer au coeur des actions pour des résultats concrets dans le système éducatif », a-t-il souligné, appelant à une meilleure articulation entre institutions publiques, partenaires techniques et réseaux de compétences à l’étranger ». [Le souligné en italiques et gras est de RBO.]

L’article d’Elmano Endara Joseph dans la fabrique faussement œcuménique de l’amnésie volontaire et du mutisme préfabriqué 

L’on observe que Elmano Endara Joseph a reproduit sur sa page Facebook le 19 avril 2026  –sans distance critique, sans le moindre recours à des sources variées de validation de l’information–, l’essentiel de son propos dans les termes suivants : « Montréal : Le FNE apelle la diaspora à agir pour l’éducation en Haïti. Selon les informations recueillies par la rédaction de L’Édito-Soir, le Fonds national de l’éducation (FNE) demande à la diaspora haïtienne de s’impliquer de manière organisée dans le secteur éducatif. (…) Le Directeur général du FNE, Monsieur Élysé Colagène, a expliqué que la diaspora ne doit pas seulement envoyer de l’argent, mais aussi partager ses compétences et son savoir. Il insiste sur la nécessité de structurer cette aide pour qu’elle soit plus efficace et donne des résultats visibles. (…) Pour le FNE, il est clair que l’avenir d’Haïti passe par une éducation solide. L’appel lancé à la diaspora vise donc une responsabilité partagée, avec un engagement à la fois financier, intellectuel et technique. Cette approche pourrait marquer un changement important dans la reconstruction du système éducatif haïtien ». [Le souligné en italiques et gras est de RBO.]

L’article d’Elmano Endara Joseph ainsi que le « post » consigné sur sa page Facebook sont en parfaite résonance avec le dispositif énonciatif frauduleux et démagogique du Directeur général du Fonds national de l’éducation aux Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026) : « Dans un contexte marqué par des exigences accrues en matière de transparence et de gouvernance, cette orientation pourrait contribuer à redéfinir les modalités de collaboration entre l’État haïtien et sa diaspora, au bénéfice du système éducatif national ». L’on observe également que « Le Directeur général du FNE a également insisté sur la nécessité d’une gestion transparente et rigoureuse des fonds issus des transferts et appels internationaux. Il a promis une administration saine, efficace et irréprochable de ces ressources, afin de garantir la confiance des contributeurs et maximiser leur impact sur le système éducatif haïtien » (page Facebook du Fonds national de l’éducation, 20 avril 2026). [Le souligné en italiques et gras est de RBO.] Les prétendues « exigences accrues en matière de transparence et de gouvernance » frauduleusement évoquées par le Directeur général du FNE, Élysé Colagène, appartiennent au registre de l’escroquerie intellectuelle et managériale : elles ne correspondent pas aux données d’enquête réalisées en Haïti par l’Unité de lutte contre la corruption. Celle-ci a effectué une perquisition dans les locaux du Fonds national de l’éducation et formellement recommandé que cette vaste entrepris de corruption et de détournement de fonds publics soit traduite en justice. Nous reviendrons là-dessus, de manière documentée, dans le déroulé du présent article.

Principales caractéristiques du dispositif énonciatif d’Elmano Endara Joseph dans son article « Éducation : Le FNE plaide pour une implication structurée de la diaspora haïtienne » (Le National du 21 avril 2026).

L’étude attentive du texte d’Elmano Endara Joseph met en lumière ce qui suit :

  1. Paru à la rubrique « Société » plutôt que « Tribune », l’article ne provient pas d’une enquête journalistique ; nulle part dans le corps du texte il est mentionné que l’auteur aurait effectué la moindre enquête journalistique avant de rédiger son texte.
  1. L’article n’a pas été précédé d’une recherche documentaire approfondie sur le Fonds national de l’éducation : nulle part dans le corps du texte cela n’est mentionné et atesté.
  1. Hormis la duplication quasi-synonymique du phrasé du Directeur général du FNE, l’article ne cite aucune source à l’appui de ce qu’il énonce.
  1. L’article n’expose pas une variété de sources documentaires crédibles, qui auraient pu permettre, par le croisement contradictoire des données, de vérifier la validité et la fiabilité de ce qu’il énonce.
  1. L’amnésie volontaire ainsi que le mutisme préfabriqué et consenti constituent les deux stratégies dilatoires instituées au creux de l’échafaudage de l’article d’Elmano Endara Joseph : cela lui vaut de passer entièrement sous silence le lourd dossier de la corruption et du détournement de millions de dollars au Fonds national de l’éducation, de 2011 à 2017 et de 2017 à 2026.
  1. L’amnésie volontaire et le mutisme préfabriqué et consenti assurent la reproduction d’une même ligne directrice et d’une constante : LA BANALISATION ET L’INVISIBILISATION DE LA CORRUPTION au Fonds national de l’éducation (FNE) avalisée aux Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026) à Montréal.

Il est ainsi attesté qu’Elmano Endara Joseph est dépositaire et charrie une lourde ignorance du dossier du Fonds national de l’éducation qu’il aborde, malgré cela, bien aventureusement, dans un texte public dépourvu de la moindre crédibilité. En aucun cas l’ignorance et l’amateurisme ne peuvent constituer une axiomatique ou une méthodologie ou une procédure d’analyse d’un fait de société. Ce constat est rigoureusement attesté tant pour Elmano Endara Joseph que pour les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026) qui, en accueillant publiquement la parole faussaire et délictueuse d’Élysé Colagène, le Directeur du FNE, a apporté une aveugle caution politique au Fonds national de l’éducation, la plus vaste machine de corruption et de détournement de fonds publics installée dans le système éducatif haïtien dès 2011 par le cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste.

Les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026) ont en effet amplement accueilli –sans contrepartie critique–, les prestations funambulesques et propagandistes de la délégation du Fonds national de l’éducation conduite par son Directeur général, M. Élysé Colagène, qui « a défendu une approche stratégique visant à repositionner l’éducation comme pilier fondamental du processus de refondation nationale ». Le site des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026) consigne l’information suivante : « Samedi 18 avril 2026 — PANEL 3 : « Éducation en Haïti : la diaspora au cœur des Assises 2026 — Mobilisation & appel à contribution ». Les intervenants listés sont respectivement : Élysé Colagène, Directeur général du Fonds national de l’éducation ; Jean Marie Théodat, géographe, maître de conférences, Université Paris 1 ; Darline Cothière, Directrice générale, Maison des journalistes, Paris, consultante internationale pour l’UNESCO ; Carly Dollin, économiste ; Augustin Antoine, ex-ministre de l’Éducation nationale d’Haïti ; Obrillant Damus, enseignant à l’Université d’État d’Haïti. tel qu’illustré par l’affiche ci-après, le Fonds national de l’éducation avait le statut privilégié de « Fier partenaire » des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026)… Ce statut, consigné sur le site des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026), est ainsi libellé : « Partenaire principal de cette édition des Journées Internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026), le Fonds national de l’éducation s’inscrit au coeur de cette mobilisation, en contribuant activement aux échanges à travers une délégation conduite notamment par son Directeur général, Monsieur Élysé Colagène ». Ainsi, pour la première fois au Canada, les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026) ont accordé le statut de « Fier partenaire », de « Partenaire principal » au Fonds national de l’éducation, la plus vaste machine de corruption et de détournement de fonds publics installée dans le système éducatif haïtien dès 2011 par le cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste. L’on observe qu’à l’aune de l’amnésie volontaire et du mutisme préfabriqué, cette dimension institutionnelle et politique des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026) a totalement « échappé » à Elmano Endara Joseph, fort empressé à dupliquer quasi-synonymiquement les discours funambulesque et propagandistes du Directeur du Fonds national de l’éducation, Élysé Colagène, qui appartiennent au registre de l’escroquerie intellectuelle et managériale. En amont de la rédaction du présent article, nous n’avons pas été en mesure de vérifier si Augustin Antoine, l’ex-ministre de l’Éducation nationale d’Haïti, a présenté le bilan de son erratique action à la direction de l’Éducation nationale et, surtout, s’il a fait la lumière sur la violente « extinction » de sa demande d’audit auprès de la Cour supérieure des comptes en ce qui a trait à la corruption endémique qui sévit au Fonds national de l’éducation (voir l’article « La corruption dans le système éducatif national d’Haïti / Le ministre Augustin Antoine dépose une demande d’audit financier et administratif à la CSCCA » par Robert Berrouët-Oriol, Madinin’Art, 16 octobre 2024). 

L’article d’Elmano Endara Joseph est également fort révélateur sur un autre registre. L’on observe ainsi que la lourde ignorance des données vérifiables du dossier de la corruption au Fonds national de l’éducation constitue également, chez Elmano Endara Joseph, un déni de réalité, un déni de la dimension juridique, institutionnelle et politique du plus vaste scandale de corruption et de détournement de fonds publics de toute l’histoire de l’éducation en Haïti. 

Créé en 2011 à l’instigation des deux grands caïds du cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste, Michel Martelly et Laurent Lamothe, le Fonds national de l’éducation (FNE) a d’abord fonctionné de manière informelle et, en août 2017, il a été doté de statuts légaux. Le FNE est l’un des 9 organismes d’État placés sous la tutelle du ministère de l’Éducation nationale par la Loi du 17 août 2017 dont le titre exact est « Loi portant création organisation et fonctionnement du Fonds national de l’éducation » (Le Moniteur numéro 30, 22 septembre 2017). Cette loi dispose que le ministre de l’Éducation nationale est le président du Conseil d’administration du Fonds national de l’éducation : il a l’obligation statutaire et légale de fournir chaque année les états financiers et l’audit des états financiers du FNE… Institution nationale, le Fonds national de l’éducation a été créé dans le but de collecter une taxe sur les appels téléphoniques entrants et les transferts d’argent vers Haïti. Cette collecte est assurée par le CONATEL qui achemine les sommes amassées au Trésor public à la BRH, la Banque de la République d’Haïti. À son tour la BRH achemine les sommes amassées au FNE qui, en principe, les redistribue dans le système éducatif haïtien sur plusieurs registres : mobilier d’écoles, fournitures scolaires et salaires des enseignants, entretien, réparation et érection de nouveaux bâtiments scolaires, cantine scolaire, etc. NOTE – Voir plus bas le tableau 2, « Caractéristiques institutionnelles et opérationnelles de LA CHAÎNE D’INVISIBILISATION DE LA CORRUPTION au Fonds national de l’éducation ».

Au fil de rigoureuses recherches documentaires, nous avons effectué à plusieurs reprises, en 2024 et 2025, le bilan analytique de LA CHAÎNE D’INVISIBILISATION DE LA CORRUPTION au Fonds national de l’éducation dans les articles suivants : 

1 — Le Fonds national de l’éducation en Haïti, un système mafieux de corruption créé par le PHTK néo-duvaliériste, Rezonòdwès, 20 avril 2024.

2 — La corruption au Fonds national de l’éducation en Haïti : ce que nous enseignent l’absence d’états financiers et l’inexistence d’audits comptables entre 2017 et 2024, Madinin’Art, 3 mai 2024.   

3– Haïti : la corruption au Fonds national de l’éducation : ce que nous enseigne le saint-Évangile de la transparence politique de Joseph Jouthe, ex-Premier ministre d’Haïti , Madinin’Art, 26 septembre 2024. 

— En Haïti le Fonds national de l’éducation, haut-lieu de la corruption, tente de s’acheter une impunité « à vie » à Radio Magik9, Haïti Inter, 7 janvier 2025.

— En Haïti, la corruption généralisée au Fonds national de l’éducation met encore en péril la scolarisation de 3 millions d’écoliers , Rezonòdwès, 18 février 2025.

6 — Le parachutage de Sterline CIVIL à la direction du Fonds national de l’éducation : vers le renforcement de la corruption et de l’impunité dans le système éducatif national d’Haïti, Rezonòdwès, 5 mars 2025.

– L’occultation de la corruption au Fonds national de l’éducation : nouvelles acrobaties de Sterline Civil, profuse « missionnaire » du PHTK néo-duvaliériste , Rezonòdwès, 17 juin 2025.

8– Corruption, détournement de fonds publics, népotisme : le Fonds national de l’éducation défie et échappe encore à la Justice haïtienne, Fondas kreyòl, 22 août 2025.

Les sommes engrangées par le Fonds national de l’éducation de 2011 à 2017 et de 2017 à 2026 se chiffrent par centaines de millions de dollars US mais le FNE n’a pas produit le moindre état financier, le moindre audit de ses états financiers de 2011 à 2026…

Selon un avis de l’économiste Etzer Émile, les frais de 1.50 $ prélevés sur les transferts privés internationaux entre 2011 et 2024 ont totalisé plus de 310 millions de dollars américains. 98% de ces fonds soit plus de 306 millions de dollars ont été versés sur le compte du Trésor public selon un dernier rapport publié par la BRH. Auteur du livre « Haïti a choisi de devenir un pays pauvre. Les vingt raisons qui le prouvent » (s.l.é., 2017), Etzer Émile anime des séminaires de vulgarisation économique ainsi que des conférences sur l’éducation citoyenne. Dans un article paru le 1er décembre 2021 sur le site Tripfoumi.info, « Où sont passés les 1.50 $ sur les transferts, destinés au FNE ? », il est précisé que l’économiste Etzer Émile « (…) a pu décrypter la dilapidation qui se fait du Fonds national de l’éducation (FNE) provenant essentiellement des transferts entrants et sortants d’Haïti dont la taxe est fixée à 1.5 $ chacun. Établi depuis 2011, après les dix ans du pouvoir PHTK, personne ne sait où sont investies ces centaines de millions de dollars US. La décision de prélever 1.5 dollar sur tous les transferts qui proviennent de l’étranger et sortant d’Haïti a été prise le 20 mai 2011, seulement 6 jours après la prise du pouvoir de Michel Joseph Martelly comme président d’Haïti, le 14 mai 2011, d’après le professeur et économiste Etzer Émile. Cette mesure était illégale puisqu’elle ne faisait pas l’objet d’une loi ratifiée par le Parlement à cette époque. Il [a fallu] attendre 2017 pour que cette disposition ait une couverture légale après avoir été votée [par] le Sénat, même si elle avait déjà été votée par la Chambre basse en 2012, toujours d’après l’auteur du livre « Haïti a choisi de devenir un pays pauvre », Etzer Émile. En ce sens, il est clair que le gouvernement a rassemblé cette taxe pendant 6 ans en dehors de la loi. La République n’a aucun détail sur la façon dont elle a été utilisée. Juste après sa ratification par le Sénat en 2017, la Cour supérieure des comptes est montée au créneau pour révéler des doutes de gestion liés à ce fonds d’après un rapport de la Banque de République d’Haïti (BRH) datant de septembre 2018, sept ans après l’application de cette mesure illégale. Le mois d’avril de cette même année, l’un des mois les plus rentables, il y avait environ un 1 988 000 transferts dont 1,50 $ a été prélevé sur chaque appel, ce qui avait donné approximativement un montant de 2 872 000 dollars US pour seulement un mois, d’après le calcul de M. Émile. En effet, toujours selon le rapport de la BRH, 120 130 745 dollars US ont été déjà collectés pour les sept ans, de 2011 à 2018. Il faut noter que le rapport de la BRH en 2018 est le seul document rendu public qui permet de se faire une idée de la valeur de ce Fonds [national de l’éducation]. En effet, Etzer Émile, étant un curieux, a pu découvrir que, en moyenne 1 600 000 transferts ont [été] effectués chaque mois d’après le rapport de 2018 de la BRH. Alors en 2021, après 3 ans, équivalant à 36 mois, 86 400 000 dollars US ont été comptabilisés [collectés], selon le bilan effectué par Etzer Émile ». [Le souligné en italiques et gras est de RBO.]

TABLEAU 2 — Caractéristiques institutionnelles et opérationnelles de LA CHAÎNE D’INVISIBILISATION DE LA CORRUPTION au Fonds national de l’éducation

Collecte des fonds au CONATELAcheminement des fonds du CONATEL au Trésor public (BRH)Acheminement des fonds du Trésor public (BRH) au FNEDistribution de sommes indéfinies du FNE dans le système éducatif nationalAbsence de mécanismes de contrôle juridique et administratif de la distribution de sommes indéfinies  dans le système éducatif nationalAbsence d’états financiers annuels des fonds engrangés par le FNE de 2011 à 2026Absence d’audits des états financiers annuels des fonds engrangés par le FNE de 2011 à 2026

Commentaire analytique général du tableau 2 — État dans l’État, le Fonds national de l’éducation n’a rendu compte –entre 2011 et 2026–, à aucune instance régalienne de l’État haïtien, la Cour supérieure des comptes au premier chef. À cet égard, il est hautement significatif que l’opacité managériale et politique modélisée au FNE soit la colonne vertébrale de LA CHAÎNE D’INVISIBILISATION DE LA CORRUPTION au Fonds national de l’éducation. Ainsi, la consultation attentive des données consignées sur le site officiel du Fonds national de l’éducation et sur celui du ministère de l’Éducation nationale n’ont pas permis de retracer les états financiers et encore moins les rapports d’audit des états financiers du FNE (voir notre article « La corruption au Fonds national de l’éducation en Haïti : ce que nous enseignent l’absence d’états financiers et l’inexistence d’audits comptables entre 2017 et 2024 », Madinin’Art, 3 mai 2024).   LA CHAÎNE D’INVISIBILISATION DE LA CORRUPTION au Fonds national de l’éducation a été amplement renforcée au moyen de la mise hors-circuit du Parlement haïtien par le cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste, et elle a bénéficié en amont d’un statut opérationnel relevant de la kleptocratie : le budget du FNE, institution dédiée au financement de l’Éducation nationale, ne fait pas partie du Budget officiel de l’État haïtien

En définitive –et il faut une fois de plus le préciser–, l’amnésie volontaire ainsi que le mutisme préfabriqué et consenti constituent les deux stratégies dilatoires instituées au creux de l’échafaudage de l’article d’Elmano Endara Joseph : cela lui vaut de passer entièrement sous silence le lourd dossier de la corruption et du détournement de millions de dollars au Fonds national de l’éducation, de 2011 à 2017 et de 2017 à 2026. Et, de manière liée, l’amnésie volontaire et le mutisme préfabriqué et consenti assurent la reproduction d’une même ligne directrice et d’une constante : LA BANALISATION ET L’INVISIBILISATION DE LA CORRUPTION au Fonds national de l’éducation (FNE) avalisée aux Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026) à Montréal.

Robert Berrouët-Oriol

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