Qui sont les dirigeants internationaux invités à la cérémonie de passation de pouvoir 2026 au Chili
La cérémonie de transfert du pouvoir entre Gabriel Boric et José Antonio Kast se déroule en présence de plusieurs chefs d’État, de gouvernement et représentants politiques étrangers, dont l’opposante vénézuélienne María Corina Machado.

Ce mercredi 11 mars, le Chili organise la cérémonie officielle de passation de pouvoir au cours de laquelle José Antonio Kast, membre du Parti républicain, classé à l’extrême droite, assume la présidence au début d’une administration de droite. L’ancien député reçoit le pouvoir des mains du président sortant Gabriel Boric, issu du Front large de gauche, marquant un nouveau tournant dans la politique chilienne qui, depuis 2010, s’inscrit dans une alternance régulière entre la gauche et la droite.
La cérémonie se tient au siège du Congrès national à Valparaíso et réunit un nombre record de 1 150 invités. Parmi les participants figurent des présidents, premiers ministres, membres de familles royales, autorités et représentants politiques venus de l’étranger.
L’une des figures marquantes de la cérémonie est la dirigeante de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado, invitée par José Antonio Kast. Parmi les autres invités figurent les présidents de l’Argentine, de la Bolivie et de l’Équateur, ainsi que plusieurs ministres. Le grand absent est le secrétaire d’État des États-Unis, Marco Rubio, qui a finalement renoncé à se rendre à Santiago pour participer à l’événement. D’autres dirigeants proches du président élu ne se sont pas déplacés non plus, notamment le président du Salvador, Nayib Bukele, et la première ministre italienne Giorgia Meloni.
Les chefs d’État et de gouvernement confirmés
Les dirigeants internationaux présents à la cérémonie de transfert du pouvoir entre Gabriel Boric et José Antonio Kast comprenaient notamment le roi Felipe VI d’Espagne, ainsi que plusieurs chefs d’État : Javier Milei (Argentine), Vahagn Khachaturyan (Arménie), Rodrigo Paz (Bolivie), Rodrigo Chaves (Costa Rica), Daniel Noboa (Équateur), Nasri Asfura (Honduras), José Raúl Mulino (Panama), Santiago Peña (Paraguay), Luis Abinader (République dominicaine), Tamas Sulyok (Hongrie) et Yamandú Orsi (Uruguay). Parmi les représentants étrangers figurait également le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé.
La présence de ce dernier a suscité des interrogations dans certains milieux politiques haïtiens. Révoqué auparavant dans le cadre des turbulences institutionnelles ayant marqué la transition politique, Fils-Aimé s’est néanmoins maintenu à la tête du gouvernement avec l’appui de partenaires internationaux, notamment des représentations diplomatiques américaine et canadienne.
Par la suite, il s’est rapproché de plusieurs partis et regroupements politiques afin de conclure un « pacte » politique, document présenté comme un cadre destiné à légitimer sa représentation et ses déplacements officiels à l’étranger, ainsi que l’organisation d’élections annoncées comme « réellement libres ». Toutefois, la crédibilité du futur scrutin se trouve déjà fragilisée par des irrégularités signalées dans le registre électoral, notamment près de 800 000 doublons dénoncés au départ par un expert en matière électorale.
La venue du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva était également prévue, mais elle a été annulée la veille de la cérémonie pour des « problèmes d’agenda ». La presse brésilienne a indiqué que cette absence s’expliquerait aussi par la présence confirmée du sénateur Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro.
Les autorités étrangères représentées
Plusieurs pays dont les chefs d’État ou de gouvernement n’ont pas fait le déplacement ont choisi d’envoyer des ministres, diplomates ou autres représentants officiels. Des responsables d’organisations multilatérales figurent également parmi les invités.
Parmi ces représentants figurent Félix Ulloa, vice-président du Salvador ; Carlos Martínez, ministre des Affaires étrangères du Guatemala ; Valdrack Jaentschke, ministre des Affaires étrangères du Nicaragua ; Mauro Vieira, ministre des Affaires étrangères du Brésil ; Hugo de Zela, ministre des Affaires étrangères du Pérou ; Andrii Sybiha, ministre des Affaires étrangères d’Ukraine ; Ni Hong, ministre chinois du Logement et du Développement urbain et rural ; Thani Ahmed Al Zeyoudi, ministre du Commerce extérieur des Émirats arabes unis ; Anna Maria Bernini, ministre italienne de l’Université et de la Recherche ; Christopher Landau, sous-secrétaire d’État des États-Unis ; Raquel Serur Smeke, sous-secrétaire pour l’Amérique latine et les Caraïbes du Mexique ; Christopher Philip James Elmore, sous-secrétaire aux Affaires étrangères du Royaume-Uni ; Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, de la Coopération internationale et des Français de l’étranger ; Emídio Sousa, secrétaire d’État aux Communautés portugaises ; Kirti Vardhan Singh, ministre d’État aux Affaires étrangères de l’Inde ; Wojciech Zajączkowski, vice-ministre des Affaires étrangères de Pologne ; Lasha Darsalia, vice-ministre des Affaires étrangères de Géorgie ; Raymonde Gagné, présidente du Sénat du Canada ; Rachid Talbi Alami, président de la Chambre des représentants du Maroc ; et Albert Ramdin, secrétaire général de l’Organisation des États américains.
La visite de María Corina Machado
La dirigeante de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado a accepté l’invitation du président élu afin d’assister à la cérémonie de passation de pouvoir à Valparaíso. Elle profitera également de sa présence au Chili pour participer à d’autres activités, notamment le lancement de la chaire Sebastián Piñera à l’Université du Développement, organisé à l’invitation de la famille de l’ancien président chilien décédé.
Le 12 mars, soit un jour après l’investiture de Kast, la dirigeante antichaviste doit aussi participer à une rencontre avec les migrants vénézuéliens au Chili, prévue au parc Almagro, au centre de Santiago.
