Le peuple haïtien n’a plus à douter : sa misère, sa peur quotidienne, la destruction de ses institutions et la descente aux enfers de sa nation portent un nom. Cette classe politique, toutes tendances confondues, a trahi. De l’extrême droite affairiste à la gauche prétendument progressiste, en passant par les « centristes » de circonstance, ils sont tous coupables. Coupables d’opportunisme, de compromissions, de cynisme. Coupables d’avoir transformé la fonction publique en terrain de chasse privée. Coupables d’avoir fait de la politique une industrie de la prédation.
Depuis plus de trente ans, ils changent de visages mais répètent les mêmes manœuvres : pactes douteux avec des intérêts étrangers, collusion avec les gangs armés, pillage des ressources publiques.
Qu’ils soient putschistes, néo-duvaliéristes, lavalassiens, gnbistes, prévaliens, martellystes, privertistes, jovenelistes, ariélilstes, cptistes, la misère du peuple est leur carburant, son ignorance leur arme. À chaque crise, les mêmes figures ressurgissent, grimées en sauveurs. Ils appellent au « dialogue » tout en négociant en coulisses leur place au banquet du pouvoir.
Il ne faut plus espérer leur rédemption. Ce système est leur œuvre et leur raison d’exister. Il ne se réformera pas de l’intérieur. Il faut une rupture. La population haïtienne doit cesser de croire qu’un nouveau parti ou un nouveau visage suffira. Il faut exiger l’émergence d’une nouvelle génération de leadership, intègre, formée, ancrée dans les réalités populaires, mais affranchie des réseaux mafieux de l’ancienne classe.
Refonder Haïti commence par une décision collective : refuser d’être gouvernés par ceux qui ont tout détruit.
Marie Maude Vimont

