5 avril 2026
Banditisme et criminalité : l’Opération Tornade 1 de la PNH, pour quel résultat?
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Banditisme et criminalité : l’Opération Tornade 1 de la PNH, pour quel résultat?

Le Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN) longtemps isolé dans son confort a ignoré les cris de la population en ce qui concerne la terreur imposée par les gangs armés. Il aura fallu l’assassinat de 6 policiers à Liancourt le 25 janvier dernier pour qu’enfin les opérations à effet d’annonce ressurgissent.

Samedi 28 janvier 2023 ((rezonodwes.com))–

La mobilisation des policiers pour dénoncer l’assassinat d’une quinzaine de leurs frères d’armes confirme la thèse d’un État voyou qui attend des mouvements violents avant de se rendre compte des dangers. Moins de 24 heures après la démonstration des agents de l’ordre à Port-au-Prince, aux Gonaïves et à Saint-Marc la direction générale de la PNH annonce le lancement de l’opération «Tornade 1» afin d’apporter réponse aux exactions des groupes criminels.

«Nous n’allons pas nous incliner devant les bandits et des dispositions pour renforcer en armements et moyens logistiques les commissariats et les dispositifs de la PNH vont être adoptées. L’opération «Tornade 1» officiellement lancée, ce vendredi, est en réponse aux actes des gangs contre la population et les policiers», a martelé le directeur général Frants Elbé.

L’annonce du responsable de l’institution policière intervient dans un contexte de grandes effervescences populaires contre la dictature insupportable des groupes armés. Il est à déplorer un certain désengagement des autorités de facto face à la montée des cas d’insécurité dans le pays. Les gangs assassinent, kidnappent, violent et volent, rançonnent au quotidien dans une impunité totale.

Les criminels ont une adresse, ils clament haut et fort bénéficier de l’indifférence des instances concernées. Vitelhomme Innocent, caïd de Torcel, à travers des capsules audiovisuelles dévoile son fief et défie la PNH quant à la possibilité de le déloger.

«Izo», chef de gang de «5 segond», star des réseaux sociaux, revendique sa forteresse à Village-de-Dieu. «Ti Lapli», criminel de Grand-Ravine, vante son confort dans l’entrée Sud de Port-au-Prince et Carlo Petit-Homme «Ti Makak» instaure le crime à Laboule 12 sous l’œil passif des dirigeants politiques. À Croix-des-Bouquets, Wilson Joseph «Lanmò san jou » détient le droit de vie et de mort sur la population civile. Sa bande armée localisée à Laserre mène une vie de luxe et d’opulence en terrorisant les usagers de la route nationale numéro 8.

À Port-au-Prince, les gangs armés bénéficient de la complaisance de l’État. La majorité des cas de kidnapping opérés empruntent un seul itinéraire, se dirigent vers Martissant ou Grand-Ravine. Aucune stratégie intelligente de la Police pour fermer l’accès amenant aux lieu de séquestration, sinon l’unique tentative de l’ancien ministre Lucmane Delile mise en échec par Joseph Jouthe aux fins de satisfaire les caprices des gangs, se souvient-on. Le Bicentenaire une fois débarrassé des séparateurs, les cas d’enlèvement étaient repartis à la hausse, rappellent des observateurs.

L’opération «Tornade 1», selon des avisés, n’augure rien de concret. Elle s’inscrit dans une logique de communication à consommation de l’opinion. Des policiers affectés au Commissariat de Pétion-Ville balaient la thèse de manque de moyens avancée par les autorités policières pour justifier le refus d’intervenir dans les fiefs des criminels.

Pour eux, il est question d’absence de volonté politique du pouvoir pour mettre un terme à la suprématie des gangs en Haïti.

Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

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