4 avril 2026
Les sanctions du Canada : Trop peu, trop tard !
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Les sanctions du Canada : Trop peu, trop tard !

Par Ducasse Alcin

Lundi 12 décembre 2022 ((rezonodwes.com))–

La politique étant un jeu énigmatique, on ne saura jamais avec certitude les vrais mobiles qui poussent le Canada à faire ce revirement de 360° pour adopter des sanctions à l’encontre de Martely et consorts. Mais ce serait se berner que de s’attendre à ce qu’elles débouchent sur quelque chose de positif pour le pays.

Ces mesures ne casseront pas trois pattes au canard, pour la simple et bonne raison qu’elles sont de la poudre aux yeux, une tentative visant à biffer la responsabilité des pays dits « amis » d’Haïti dans la situation chaotique qui y prévaut depuis un bail.

Notre scepticisme s’appuie sur le fait qu’il n’y pas si longtemps que cela, l’homme qui se surnomme « bandit légal » se trouvait en des termes très cordiaux avec le « Corps-groupe » dont le Canada est un membre iinfluent. Ce qui a changé depuis est le nœud gordien du débat.

La réalité est qu’au cours de ces dernières années, le gouvernement de Justin Trudeau s’est montré à la fois passif et indifférent devant galère que les gangs armés(en grande partie à la solde de l’ancien chef d’état) installent dans le pays.

Rappelons que Martely n’a pas eu le parcours du combattant en politique. Il s’agit d’un imposteur dénué d’aucune préparation académique et dont la dérive abjecte n’a été rendue possible que parce que le « Corps-groupe » a utilisé des artifices durant les élections pour nous la faire avaler.

Ces sanctions n’enlèveront pas un iota à l’influence tentaculaire et la capacité de nuisance sulfureuses que l’ancien président continue d’exercer sur le pays.

On comprend que Trudeau essaie tout simplement de se laver les mains du dossier d’Haïti à l’instar de Ponce Pilate. Mais pas si vite ! La réalité mordante veut que le Canada, au même degré que les Etats-Unis, a largement contribué à faire d’Haïti l’enfer qu’elle est devenue pour ses fils pour avoir donné son appui à cet individu grivois et répugnant qui nous a foutus dans ce bordel.

Qu’il veuille l’admettre ou non, si Sweet Micky est le monstre, le Canada a joué le rôle de Frankenstein qui l’a façonné.

En plus, il est méritoire de souligner l’ambiguïté dans la démarche du Canada. En effet, comment sanctionner Martely tout en continuant d’entériner le gouvernement d’Ariel Henry ? Les deux sont insécables ! Le fait est que si ce dernier a pu passer tout ce temps comme Premier ministre, c’est parce qu’il s’est révélé être son homme de confiance à qui il a remis le pouvoir temporairement pour le récupérer ensuite, suivant la tradition de « ti pas kout » chez nous. Micky est comme l’hydre de lerne, une bête à sept têtes.

Autrement dit, punir Martely tout en donnant sa pleine et entière bénédiction au chef du gouvernement discrédite les bonnes intentions du gouvernement canadien. C’est à la bête entière qu’il faut s’en prendre. Car Ariel Henry n’est qu’un yoyo entre les mains de l’ancien président. Il dispose de lui comme il fait pour son caleçon.

En plus, cette décision autant qu’elle fait couler de l’encre dans la presse soulève aussi plus d’interrogations qu’elle n’en résout. Par exemple, voudrait-on nous faire croire que depuis tout ce temps où Martely trempait jusqu’au cou dans des activités criminelles que c’est seulement maintenant qu’ils ont découvert sa nocivité?

Après lui avoir fait vivre les honneurs du Capitole, ils décident maintenant de le traîner à la roche tarpéienne tel que l’on ferait pour un honni.

La saga entre le « bandit légal » et la communauté internationale resemble plus à une histoire de romance qui a mal tourné. Entre l’arbre et l’écorce, on ne doit pas y mettre son doigt. Si les blancs relâchent le harnais par lequel ils ont retenu Sweet Micky depuis tout ce temps, l’une des raison pourrait être parce qu’il s’est montré trop encombrant à leurs yeux. Ses actions ubuesques avilissent leur réputation.

On parle déjà d’une alternative qui aurait été trouvée dans le but de le remplacer. Car les puissances impérialistes retiennent une fiche technique contenant les noms des politiciens haïtiens rabougris susceptibles de courber l’échine devant eux.

On dit souvent que lorsque le navire doit sombrer, les rats sont toujours les premiers à l’abandonner. C’est exactement ce que tentent de faire les Etats-Unis et le Canada. Mais quoi qu’ils fassent, ils n’arriveront pas à faire oublier qu’ils sont les vrais artisans du malheur d’Haïti. Car, suivant le syllogisme d’Aristote : si Martely est un chef de gang, le « Corps-groupe » l’est aussi puisque c’est lui qui l’a propulsé.

La communauté internationale fait semblant d’ignorer que l’ancien président a toujours été aussi ignoble et corrompu que lorsqu’ils l’ont imposé au pays. Sous ce rapport, le Canada ne nous apprend rien de nouveau quand il accuse le musicien excentrique pour son implication dans le financement des gangs armés. On le savait déjà et ils le savaient aussi depuis longtemps.

Ils ont donc attendu le pourrissement de la situation avant de tenter quelque chose. S’ils étaient sincères, on les verrait enlever aussi leur soutien à Ariel Henry qui constitue un obstacle majeur au dénouement de la crise.

On comprend que le Canada voudrait bien faire amende honorable pour sa participation dans la débâcle d’Haïti, mais ces soi-disant sanctions ne suffisent pas à se racheter moralement de cette crise tant qu’il continue de soutenir le statu quo.

Cette attitude de ponce Pilate n’émeut personne. S’ils souhaitent vraiment aider qu’ils cessent de s’immiscer dans les affaires internes du pays et laisser le champ libre aux Haïtiens de prendre leur destin en mains. Toute décision qui ne prend pas en compte cet aspect important ne débouchera sur rien de concret.

Ducasse Alcin

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