VERTIÈRES: VERS UN NOUVEL ÉLAN NATIONAL
Par Evans PAUL KP
Nous éprouvons toujours la fierté de raconter la bravoure historique du Général François Capoix dit Capoix La Mort qui, cria en avant, en avant, après que son cheval eut été renversé et tué, et son chapeau emporté par la mitraille, dans la bataille de Vertières, le 18 novembre 1803, il y a 219 ans.
Nous éprouvons également ce même sentiment en évoquant les prouesses réalisées en cette journée mémorable, par le Général Augustin Cerveaux dont une de ses épaulettes fut arrachée par un boulet; ainsi que par le colonel Philippe Guerrier, devenu président d’Haïti en 1844 dont le bras a été fracturé; et Paul Prompt, tué ce même jour au combat, tous valeureux officiers de cette armée indigène qui combattaient à Vertières, sous les ordres du Général en Chef, Jean-Jacques Dessalines.
Notre glorieuse épopée de Vertières a été d’abord une longue épreuve.
Les troupes indigènes dont la plupart des combattants circulaient à pied, seuls quelques-uns à cheval, parties de la plaine du Cul-de-sac, le 21 octobre 1803, parcoururent en 25 jours, environ 220 kilomètres de route, jusqu’à Limbé, lieu de rassemblement avec les régiments venant de l’Artibonite et du Nord.
Après une pause d’une journée, elles continuèrent leur marche sur 20 autres kilomètres, jusqu’à Morne Rouge, où le Général Jean-Jacques Dessalines établissait son quartier général à 6 kilomètres de Vertières.
Plus de 1200 morts et environ 200 blessés ont été enregistrés dans les rangs de notre armée indigène, en cette terrible journée du vendredi 18 novembre 1803, au cours de cette affreuse bataille de Vertières, une habitation située à 1 kilomètre du Cap-Français, aujourd’hui Cap-Haïtien.
La bataille de Vertières était atroce. Bien que nous fussions supérieurs en nombre (27.000), les soldats français (5000) étaient avantagés, parce que dotés d’uniformes confortables et de matériels de guerre de la technologie de pointe de l’époque.
Les soldats indigènes pour la plupart, pieds et torses nus ne mangeaient ni buvaient, pendant toute la durée de plus de 12 heures de combat.
Ce qui démontre la profondeur de la souffrance endurée et des sacrifices consentis par nos ancêtres, pour nous léguer cette terre dont la liberté est au prix de leur sang.
Cependant, en dépit de la portée exceptionnelle de l’événement, il a fallu attendre 90 ans pour introduire dans nos manuels scolaires, la leçon historique de Vertières, à partir de 1893, sous le gouvernement du Général Louis Mondestin Florvil Hippolyte.
Ce n’est qu’en 1929, 126 ans après cette bataille, que le 18 novembre a été déclaré jour férié et qu’un stèle fut placé sur les lieux du combat, sous le gouvernement d’Eustache Antoine François Joseph Louis Borno.
Le monument se trouvant sur le site de Vertières dont la zone est malheureusement vandalisée depuis quelques temps, fut érigé en 1953, dans le cadre de la célébration du cent-cinquantenaire de l’indépendance du pays, soit 150 ans plus tard, sous la présidence du Général Paul Eugêne Magloire.
Vertières, puissant symbole de la bravoure de nos aïeux et de notre dignité nationale est l’emblème le plus prestigieux de notre mémoire collective.
La sauvegarde de la grandeur historique d’Haïti, notre Patrie, aujourd’hui déshonorée, par les agissements indignes des uns et des autres, nous commande à nous ressaisir, en vue d’UN NOUVEL ÉLAN NATIONAL, pour la sécurité, la fraternité et la prospérité du vivre-ensemble.
VERTIÈRES: VERS UN NOUVEL ÉLAN NATIONAL
Evans PAUL KP
18 novembre 2022
Sources: Thomas Madiou et Jean-Pierre Le Glaunec

