4 avril 2026
Les Jaar, Rudolph Boulos et les Bigio : l’élite économique d’Haïti plongée jusqu’au cou dans le scandale des Pandora Papers
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Les Jaar, Rudolph Boulos et les Bigio : l’élite économique d’Haïti plongée jusqu’au cou dans le scandale des Pandora Papers

Les entreprises de Lamothe/Martelly ne sont pas les seules à être retracées dans le scandale des Pandora Papers. Les oligarques ont eux aussi les mains trempées dans ce vaste système financier utilisé le plus souvent pour échapper au fisc

Lundi 4 octobre 2021 ((rezonodwes.com))– Les américains les ont surnommé  »MRE » ou  »Most Repugnant Elite ». Pour l’ex-président Jean-Bertrand Aristide, ces oligarques sont des  »Bourgeois Ti Lotit », des pierres qui se prélassent dans l’eau rafraichissante d’une indécente fortune en laissant la grande majorité des  »wòch », descendants de Dessalines, sous le soleil de la misère.

Les membres de l’élite économique de la nation la plus pauvre de l’hémisphère se la coulent douce dans leurs villas de rêve en Floride et en République Dominicaine et placent leur butin dans les paradis fiscaux, à l’abri de la DGI (Direction Générale des Impots) et des regards indiscrets des 5 millions d’Haïtiens qui ont sombré ces derniers temps dans l’insécurité alimentaire.

Une situation alarmante causée en grande partie par le règne de la corruption, de la contrebande et de l’évasion fiscale.

Gilbert Bigio, son fils Reuven et son petit-fils Ignacio, l’ex parlementaire et riche homme d’affaires expulsé du sénat Rudolph Boulos et les frères Roger et Raymond Jaar sont parmi ceux que le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) a pu retracer dans l’enquête  »Pandora Papers ».

Selon le journal de la Floride, Miami Herald, dont un membre de la rédaction a participé aux investigations, la société pharmaceutique Pharval, des Boulos, a été impliquée en 1996 dans une transaction commerciale qui a conduit à l’empoisonnement par inadvertance d’enfants haïtiens avec des médicaments contre la toux contaminés par un solvant utilisé dans l’antigel. Au moins 30 enfants sont morts. L’ingrédient contaminé est venu de Chine dans des fûts vendus par des fournisseurs européens, et un segment « 60 minutes » en 1999 a mis en lumière le fait que personne n’a été inculpé.

Quant à Roger Jaar, c’est un éminent homme d’affaires basé à Miami qui, comme Bigio et d’autres éléments de cette élite, s’est enrichi à l’époque de la dictature des Duvalier, mais a quitté Haïti au début des années 90. Jaar, un important embouteilleur de boissons non alcoolisées, et son frère Raymond ont conjointement des sociétés écran qui remontent à la fin des années 1980, parmi les dossiers les plus anciens des Pandora Papers.

Les Bigio, de leur coté, se démarquent par la vaste gamme de participations et d’entreprises identifiées dans le scandale des Pandora Papers et liées à de nombreux paradis fiscaux offshore dans les îles Vierges britanniques, aux Bahamas, au Panama et certaines à des comptes bancaires suisses.

« Je dirais que les structures qu’ils ont créées, la complexité qu’ils ont créée, le choix des lieux, les pays par lesquels ils déplacent l’argent soulèvent toutes sortes de drapeaux rouges et créent d’énormes problèmes pour le pays hôte, dans ce cas, Haïti », a déclaré Gary Kalman, directeur américain de Transparency International, une organisation non gouvernementale anti-corruption, prévenant qu’il ne connaissait pas tous les détails des avoirs offshore de Bigio.

Les Bigio
Luxueuse résidence des Bigio

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