Mercredi 9 Octobre 2019 ((rezonodwes.com))– Pas de dialogue avec un président qui aurait dû être en prison! Pas de négociation avec un président indexé dans des scandales de corruption par le tribunal administratif de son pays!
Un président de la République est censé incarner le prestige, l’honneur, la dignité et la fierté d’une nation. Cependant, Jovenel Moïse incarne tous les maux du pays: la honte, l’insouciance, le banditisme, la corruption, le cynisme et l’indécence généralisée. Voilà la réalité qui le rend aussi indigne et incompatible avec la fonction de président de la République. Donc, il doit démissionner pour qu’il soit poursuivi et jugé conformément à la loi.
Le pire est que sa stupidité ne fait qu’aggraver le mal. Je m’explique.
Cette nouvelle commission de petits copains et d’insouciants qu’il vient juste de créer est un faux pas dans la mauvaise direction. Qui sait! Elle peut être celle qui va l’accompagner au pénitentier national sous peu. Cependant, il n’aura pas dû aller seul. Et, c’est le poids de l’impunité qui permet à certains membres de cette nouvelle commission de ne pas être en prison pour leur implication dans des infractions graves et des scandales de corruption punies par les lois haïtiennes.
Si je me réfère à la définition du mot “dialogue” je ne vois pas la raison d’être de cette commission de dialogue.
Dialogue, c’est le fait par deux ou plusieurs personnes d’engager un entretien, une conversation sur un sujet défini. En ce qui a trait à la crise haïtienne, ce n’est pas un désaccord entre deux ou trois entités politiques. Il ne s’agit pas tout simplement d’un conflit existant entre Jovenel Moïse et l’opposition. Ce n’est pas le cas.
C’est le peuple haïtien dans l’exercice de sa souveraineté partout à travers le pays qui dit non à Jovenel Moïse, un bandit, un menteur, un insouciant et un corrompu.
Dans toutes les démocraties du monde, le peuple est souverain. L’autorité et la légitimité du chef de l’État reposent exclusivement sur la confiance du peuple. Voilà pourquoi tout chef d’État a une responsabilité ultime et permanente devant son peuple.
Jovenel Moïse, paraît-il, ne connaît pas cette formule sur le terrain de la réalité politique.
Ou peut-être, il est têtu. Je crois qu’il est entouré de conseillers très chevronnés qui auraient pu l’aider en ce sens.C’est pourquoi je recommande un minimum de savoir en science politique pour nos dirigeants politiques. À bien noter, je ne parle pas de diplôme universitaire en science politique. Ils doivent aussi apprendre à écouter leurs conseillers. Car, être dirigeant politique ou président de la République ne fait de quiconque un détenteur de tout savoir.
Voilà ce qui a caractérisé l’échec de Jovenel Moïse. Il pensait qu’il pouvait diriger sans le soutien du peuple haïtien en ne comptant que sur le Core Group et une partie de la bourgeoisie haïtienne. C’est vrai que leur soutien est important tout en sachant qu’il n’est pas permanent. Seuls leurs intérêts sont permanents. Cependant, un chef d’état qui a la confiance de son peuple a un soutien permanent.
Avec la nomination de cette nouvelle commission, Jovenel Moïse, ce petit monstre corrompu reconnu par plus d’un, prouve une fois de plus qu’il n’a aucune intention de démissionner et par conséquent continue de se moquer du peuple haïtien. Il s’en fout du cri de la population qui ne réclame que sa démission.
C’est quoi cette commission en réalité?
C’est de la provocation gratuite de la pire espèce!!! Car, elle ne va pas l’aider. Au contraire, elle va empirer sa situation. Elle amplifiera le mécontentement, la colère et la détermination du peuple haïtien, et raffermira l’esprit d’unité et de compromis dans les rangs de l’opposition pour maintenir le flambeau de la mobilisation populaire dans le but d’anéantir son régime et ce système d’injustice sociale en place dont il est le défenseur.
De l’autre côté, l’opposition doit maintenir le mot d’ordre de ”démission” en renforçant les stratégies de la mobilisation populaire avec la plus grande rigueur politique.Car, le Core Group ne lâchera pas Jovenel Moïse tant que la mobilisation ne s’intensifie pas.
Mobilisez! Ne demandez pas!
Demander au Core Group de lâcher Jovenel Moïse, c’est demander aux dirigeants de l’équipe Barcelone de lâcher Messi. En matière politique, quand vous demandez, vous ne recevrez pas. Donc, demander au Core Group et écrire une lettre au Secrétaire Général des Nations pour lui demander de lâcher Jovenel Moïse se révèlent un exercice suicidaire. Car, cette démarche profite à Jovenel Moïse. C’est une stratégie politique moribonde de diversion ou de distraction pouvant l’aider à faire passer du temps et changer le débat de démission en dialogue dans l’opinion publique; ce qui pourrait éventuellement affaiblir la mobilisation populaire.
Paradoxalement, si vous persistez à leur demander de ne pas interférer dans les affaires internes du pays et en même vous persistez à leur demander de vous aider à vous débarrasser de Jovenel Moïse, ils peuvent en profiter pour vous imposer un autre personnage politique de la trempe de Jovenel Moïse.
En définitive, la pression directe de la rue est la force motrice et incontournable sans laquelle l’objectif de contraindre Jovenel Moïse à la démission ne sera pas atteint. Car, c’est le rapport de force qui prévaut en matière politique. On ne négocie pas avec les faibles. Et, même la nature ne favorise pas les faibles.
Si la mobilisation s’intensifie de manière rigoureuse, consistante et continue, la police nationale d’Haïti abandonnera Jovenel Moïse. L’armée égyptienne a abandonné Hosni Moubarack face à l’intensification de la pression populaire de l’époque. Moubarack a du céder à la pression populaire. De la même façon, Jovenel Moïse partira sous peu. Oui, Jovenel Moïse partira sous peu.
La cause est noble et les revendications sont légitimes.La rupture fondamentale avec un système criminel, corrompu et qui ne favorise qu’une toute petite minorité au détriment d’une grande majorité est tout à fait indispensable pour l’avenir de notre pays.
Pour atteindre cette rupture, il faut que le peuple haïtien continue de s’attaquer ouvertement à ce sytème inhumain. D’où la nécessité d’amplifier la mobilisation populaire.
Si cette mobilisation s’amplifie avec la plus grande rigueur doublée de la détermination du peuple haïtien, l’intransigeance de Jovenel Moïse ne lui sera pas utile, au contraire, réduira toute sa chance de bénéficier de la faveur de la population haïtienne.
Son intransigeance va également attiser de plus en plus le mécontentement et la colère du peuple haïtien; ce qui pourra conduire éventuellement à la désobéissance civile où la population aura décidé de ne plus payer d’impôts et de taxes à l’état haïtien. Une telle décision réduira ses marges de manœuvre et affectera complètement les moyens de sa politique. Donc, il n’aura même pas les moyens de faire face à ses propres obligations les plus élémentaires.
Enfin, Jovenel Moïse doit se rendre compte de l’ampleur et de la gravité de la situation. Il a perdu toute la confiance du peuple haïtien. Il est désavoué, impuissant, isolé et sa fonction présidentielle devient évidemment impossible à être maintenue. Il ne peut pas diriger. Sa seule option est de démissionner. En plus, face à la colère aiguë que le peuple haïtien aura à manifester sous peu, le Core Group l’abandonnera. Si Jovenel Moïse a des oreilles pour entendre, qu’il entende! Qu’il démissionne maintenant. S’il persiste, sa chute sera très douloureuse.
Le dernier message du Sénateur Rubio s’inscrit dans la ligne droite du début de la fin du règne de Jovenel Moïse.
Hugues Montoban
BLS, MPA,.Analyste Politique


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