Célébration du 215ème de l’Indépendance aux Gonaïves ; grande annonce, petites actions
Cité de l’Indépendance, mardi 1er Janvier 2019 ((rezonodwes.com))– À l’approche du Te Deum et des cérémonies solennelles devant marquer le 215ème anniversaire de la proclamation de l’Indépendance d’Haïti aux Gonaïves, le 1er Janvier 1804, l’aspect physique de la ville demeure préoccupant. Les traditionnels programmes d’assainissement et les activités socioculturelles transparents transpirent le malaise entre autorités centrale et locale.
À quelques heures du rendez-vous traditionnel de la célébration de la Fête de l’Indépendance aux Gonaïves, aucun signe n’indique l’emballement comme à l’ordinaire.
Des rues du Chef-lieu de l’Artibonite comme le cœur des Gonaïviens ne sont pas à la fête. Des montagnes d’immondices colonisent certains quartiers de la ville offrant un spectacle navrant, a-t-on constaté. Au centre-ville de la Cité de l’Indépendance, rares sont les rues à bénéficier de l’indulgence du service de la voirie en prévision à la visite des officiels du gouvernement et des membres du Corps diplomatique.
Des égouts, des canaux d’évacuation regorgent de déchets et dégagent de l’odeur répugnante. À Biénac (Nord ’Est des Gonaïves), le décor des détritus confirme l’aspect d’un quartier abandonné. Et les allégations faisant état d’un conseil municipal étant sous la coupe réglée du sénateur Youri Latortue, se confirment davantage, prétendent certains interviewés.
Un pouvoir d’achat détérioré
L’inflation galopante, la décote de la Gourde, le chômage définissent le quotidien de la majorité des gonaiviens. Des citoyens galèrent à répondre aux besoins de leurs familles en raison de l’absence d’investissement privé étranger, d’industrie de transformation. D’autres exerçant la profession d’enseignant peinent à joindre les deux bouts avec un salaire misérable en rivalisant un secteur informel agonique.
Des enseignants annoncent les couleurs
Contrairement à des groupes sociopolitiques discrets dans leurs prises de positions face au pouvoir en place, le Groupe des Enseignants non nommés de l’Artibonite s’active à se faire entendre, en dit long un tract en circulation. Des acteurs du système de l’enseignement public après avoir été longtemps dupés dans leur nomination promettent de passer à l’acte, le 1er Janvier 2019, au matin. Ils comptent perturber l’intervention du Chef de l’’Etat, Jovenel Moise, et d’agiter les parages de la Place d’Armes.
Les préparatifs à l’organisation des festivités du 1er Janvier se limitaient à la construction des stands de la Présidence et celui des artistes qui ont donné des prestations lundi 31 décembre dernier..
L’illusion de tenir les clés de la ville par le Président de la République, Jovenel Moise, se dissipe tant les préoccupations populaires et les intrigues politiques se renforcent, à l’analyse des avisés.
Notons que depuis l’inauguration de l’Obélisque et de la Cathédrale du Souvenir, le 1er janvier 1954, par le président Paul Eugène Magloire, aucune nouveauté n’est venue ajouter aux célébrations commémoratives du Jour de l’Indépendance à Gonaives, si ce n’est que de beaux discours sans résultat réel et apparent.
Hervé Noël,
Gonaives – Rezo Nòdwès
vevenoel@gmail.com


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