12 mai 2026
La réouverture de l’Usine Sucrière de Darbonne : étape nécessaire vers le développement économique d’Haïti
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La réouverture de l’Usine Sucrière de Darbonne : étape nécessaire vers le développement économique d’Haïti

Lorsque l’Usine Sucrière Jean Léopold Dominique de Darbonne anciennement connue sous le nom de l’Usine Sucrière Nationale de Darbonne, communément dénommée l’ Usine Sucrière Jean Léopold Dominique de Darbonne, était lancée en 1983 à Léogâne, Jean-Claude Duvalier était président d’Haïti, il nous fallait 5 gourdes pour $1USD, Haïti exportait du sucre grâce aux usines de la Haitian Sugar Company (HASCO), il y avait des rails à Léogâne pour connecter l’Ouest d’avec le Nord et le Sud, l’Ecole des Frères de l’Instruction Chrétienne était à l’époque dirigée par des Frères, le Président Jovenel Moise n’avait que 15 ans

Partie I

Mercredi 27 décembre 2018 ((rezonodwes.com))– L’Italie a vendu l’usine en 1981 à l’Etat haïtien pour une somme de 70 millions de dollars américains, aujourd’hui selon des experts, cette même usine ne vaut que 32 millions, et il faut près de 20 pour la faire fonctionner au moins à 40% de sa capacité.

Fonctionnant à 70% de sa capacité, l’usine broie 3 000 tonnes de canne à sucre par jour, produit entre 1500 à 2000 sacs de sucre par jour et transforme la bagasse en 5 mégawatts d’énergie pour générer assez d’électricité pour alimenter une bonne partie de la région des palmes.

Tristement, depuis son lancement, l’usine n’a jamais pu fonctionner à plus de 50% de sa capacité à cause de l’oligarchie économique qui a vu que l’usine allait représenter une menace à l’économie insulaire d’Haïti représentée par BRANDT, MEWS, BIGGIO, ACCRA et BEHRMANNS. En ce sens, le secteur privé a signé un contrat avec le régime d’alors pour tenir le fonctionnement de l’usine en deçà de 30% de sa capacité. Le même cas était pour les usines sucrières Welsh et la Centrale Dessalines respectivement dans le Nord et dans le Sud.

Chose dite, chose faite, en 1987, MEWS a acheté la HASCO pour un centime sur le dollar et 3 ans après, la HASCO ne fonctionnait plus puisque les équipements de la compagnie, plus particulièrement les rails, étaient vendus à une usine sucrière de la République Dominicaine. La fermeture de celle-ci a rentré Haïti dans l’ère de l’importation du sucre. Il y a beaucoup plus à gagner dans l’importation du sucre et de l’alcool qu’il y a dans la production de la canne-à-sucre », a martelé MEWS après qu’il eut signé le dernier contrat pour aller enlever les rails à Léogâne.

Plus loin, l’usine de Darbonne serait fermée pour quinze ans pendant que l’éthanol frelaté faisait son petit bonhomme de chemin sur le marché haïtien, causant ainsi une baisse drastique de la production de la canne à sucre et ensuite, la fermeture des guildives et des moulins de la plaine. En 1999, sous la pression de l’Association des Planteurs et des Distillateurs de Léogâne (APDL) et de Mouvement des Cultivateurs et des Distillateurs de Léogâne (MKDL) et assisté de l’influence du guru médiatique Jean Léopold Dominique, le gouvernement a lancé des travaux de réparation de l’usine de Darbonne pour relancer son fonctionnement.

Quinze ans de fermeture ont démotivé les paysans léogânais qui ne produisaient plus de cannes sacre en quantité suffisante pour vendre à l’usine dont aussi la technologie de broyage est rouée et âgée. Malgré cette démotivation, en 2005, l’usine a pu broyer 58.500 tonnes de canne à sucre pour produire 54.000 sacs de sucre.

Face à cette production et la détermination de l’APDL pour contrôler l’économie de la commune de Léogâne, encore une fois, l’économie insulaire d’Haïti grinçait leurs dents pour s’imposer au fonctionnement total de l’usine. Incapable de lutter contre l’oligarchie économico-politique, de 2006 à 2010, chaque année, l’usine a affiché une dégradation de 28.000 tonnes de cannes à sucre, une dépréciation de 21.000 sacs de sucre et une réduction de 65% de sa main-d’œuvre.

Depuis la montée de l’ex président Martelly au pouvoir, plus spécifiquement depuis 2012, le pays importe plus de 300.000 tonnes de sucre pour un montant de $220M par an. Redémarrer l’usine doit commencer par encourager les cultivateurs léogânais à replanter la canne-à-sucre. Aussi faut-il bien que l’Etat Haïtien investisse dans la production de la canne-à-sucre à travers tout le pays pour que Léogâne ne soit plus la seule source de canne-à-sucre pour l’usine, ce pour aboutir à une exploitation plus rationnelle de l’usine et pour créer au moins 2000 emplois dans la commune comme en 1983.

Dans le cadre de (la) rationalisation économique et du principe de Retours Sur les Investissements (ROI), les économistes et les ingénieurs mécaniques devraient se poser cette question si brûlante et si pressante : « Considérant qu’il faut près de 20 millions de dollars pour réparer l’usine pour la faire fonctionner au deçà de 50% de sa capacité, ne serait-il pas plus bénéfique de construire une autre usine qui tiendra compte de la production de la canne et qui réunira les technologies modernes pour produire plus de sucre avec moins de cannes ? »

Il faut également se poser cette question : « Y a-t-il une raison pour Haïti d’investir dans la production du sucre puisque la majorité des terres qui hier était cultivable est aujourd’hui habitable et entrepreusable ? » Si les réponses sont affirmatives, donc, nous devons commencer à retirer l’usine sous le contrôle de la Politique centrale pour la remettre à des investisseurs domestiques ou étrangers sous formes de partenariats public-privés.

Bobb RJJF ROUSSEAU
Docteur en Droit et Politique publiques
bobjrusso@yahoo.com
Bobb RJJF Rousseau, PhD
Public Policy and Administration
www.duhaiti.centerwww.bobbrousseau.info

10 Comments

  • Wilginks 26 décembre 2018

    C’est un grand part pour le pays D’Haïti vers la production locale, nous ne pouvons pas parler vers le développement économique mais plutôt de la croissance économique parce que il y en a beaucoup d’étapes à affranchir pour Haïti atteindre une développement économiques .

  • Jerry DASNY 26 décembre 2018

    Se yon bèl pa pou peyi a ta kòmanse ak kwasans ekonomik li nan sektè transfòmasyon an.
    Men fòk gen anpil sansibilizasyon pou motive moun yo plante epi ogmante mendèv pou pèmèt anpil moun travay.
    Premye bagay sa se pa panse retire sik enpòte a men se travay plis pou amelyore kalite sik yap pwodwi a jiskaske yo rive eradike sik la dominikani an menmsi sa ta pran 10 ou 20 an.
    Paske jenerasyon pam nan toujou tande ap pale de sak te genyen men nou pa vrèman viv yo( sinon se vwayaje poun vwayaje poun wè yo).
    Dezyèm bagay se fè moun yo renmen peyi yo e travay pou kite yon bagay pou lòt jenerasyon kap vini an ka jwenn li kòm yon eritaj.

  • Ernest Jean Marie 27 décembre 2018

    c est très bon pour l économie du pays plus d’emploi pour les haitiens

  • Georges jn Willy 27 décembre 2018

    Si ui nou bezwen relanse izin sikriyè a e matyè premyè ki kote nu ap jwenn li ?

    • Bobb Rousseau 28 décembre 2018

      tè you la, nou simpleman bezwen plante kann sou yo. Ann espere Rezo Nodwes poste part II. m bay tout detay yo.

  • Francois villasson 27 décembre 2018

    Jesuis pour lareouvertur de l’usine sucrerais de la dabonne sais tune tres bonne ide jean couraje les planter et les cultivateur a an brasse de marche la bonne chance a gourvernemant an plas la vive la Nationalite Haitienne vive Haiti

  • Jean Bapt 27 décembre 2018

    Il est vrai que lors de la première fermeture de l’usine il y avait de grande habitation de canne à sucre mais depuis tout a changé, l’exploitation sauvage et non contrôlée de l’espace cutivable de Léogâne par les chantiers bâtis, entrave le bon fonctionnement de l’usine, sortir à Grésier pour arriver à Léogâne de plus les terres du domaine privé de l’usine ne sont plus affectées à l’usine puisque depuis le séisme dévastateur de 2010, le plus meurtrier, ayant causé plus de 300.000 morts, la population a envahi les terres et les gens ont construit des maisons en béton(kann boule, habitat). Fort de tout cela la réouverture pose beaucoup problème, premièrement les nantis du secteur commerçant qui réalisent plus de bénéfices dans l’importation du sud que dans sa production, deuxièmement le manque de volonté politique des responsables de l’État, troisièmement l’ancienneté de l’usine et quatrièmement la diminution considérable de l’espace cultivable.

  • Kakajepalinet 27 décembre 2018

    Lè yo te pretann fè premye reouvèti izin nan, te gen youn kokorat yo te rele Beauvoir ki te fè moun bal kob poul ba yo travay lè izin nan ouvri epil pa ouvril menl vòlè kòb la. Mpatap ka pa denonse memwa salopri saa ki te rele Beauvoir, kòm vwayou ki te pwofite de mizè moun e ki sanble ak vòlè sansal Petrocaribe yo.

  • Edy Laraque, ing., MBA 28 décembre 2018

    La mise en marche de l’usine va créer une demande pour la canna-à-sucre. Cette demande va inciter les petits planteurs à produire la canne si les prix payés sont incitatifs. Les prix aux planteurs sont une forme de distribution des profits de la vente du sucre et de l’éthanol, et ne doivet pas être trop bas. Autrement, le développement ne sera pas durable.
    Cela amène à un problème de coûts de production de l’usine pour concurrencer l’importation. Non, cette usine ne pourra compétitionner sur le marché international du sucre. Il faut l’intervention de l’État, l’Exécutif et le Législatif. Des taxes de douanes à l’importation du sucre doivent être imposées. Le produit des taxes doivent uniquement servir à aider les usines à financer leurs projets d’amélioration de la productivité, à améliorer les infrastructures de transport et à aider les producteurs de canne. à produire plus et efficacement.
    Une vision globale, basée sur la production nationale doit guider tous les intervenants. Les lois doivent être EXIGEANTES pour éliminer les importations de sucre dans le pays au plus vite. Les pressions économiques sont les seules qui peuvent être efficaces. Bien sûr la contrebande du sucre importée se fera florissante. La STRICTE application des lois sera nécessaire: saisie de sucre, vente pour financer l’industrie haïtienne, prison et amende pour tous les contravenants, du petit revendeur à l’importateur, incluant les agents de douane.

  • Allen M 30 mars 2019

    Bonjour à Tous,

    Je voudrais connaitre les gens connecté directement avec l’usine de Darbonne, svp. Svp indiquez comment vous êtes connecté. Ingénieurs, Electro, Ouvrier, Superviseur, Direction, etc..

    Et si vous connaissez des personnes qui y travail aussi.

    Merci pour votre aide.

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