par Came Stefada Poulard
Ces deux dernières semaines, beaucoup d’Haïtiens sont renvoyés chez eux
Mardi 27 février 2018 ((rezonodwes.com))– L’aéroport international Arturo-Merino-Benitez, situé dans la commune de Pudahuel, dans l’agglomération de Santiago, la capitale du Chili, reçoit quotidiennement en moyenne 110 Haïtiens selon ce qu’a renseigné la PDI (Police d’investigation) au Chili.
Ces Haïtiens qui quittent leur pays natal pour s’y établir n’ont pas besoin de visas, mais doivent avoir, comme argent de poche, une somme qui est fixée à mille (1000) dollars américains suivant les conditions établies par l’État chilien pour tout étranger désireux de rendre visite.
A côté de cette condition, l’immigration chilienne a le droit de passer un interrogatoire au visiteur en vue de s’enquérir sur le lieu de séjour, le nom de la personne d’accueil et autres.
Les autorités chiliennes commencent à découvrir malheureusement les astuces de certaines agences provenant d’Haïti, qui profitent de ce voyage pour renflouer leurs poches au détriment du voyageur et des hôtels. En effet, certaines agences prennent l’argent du voyageur, lui donnent le nom d’hôtel où il va séjourner. Mais, quand le consul va vérifier, il découvre qu’aucune réservation n’a été effectuée pour le séjour à l’hôtel.
Ces deux dernières semaines, beaucoup d’Haïtiens sont renvoyés chez eux surtout dans ces circonstances.
Ces agences prêtent aussi de l’argent au voyageur et ce dernier remet l’argent à un agent vivant au Chili qui vient l’accueillir à l’aéroport. Elles procèdent aussi d’une autre manière : Aussitôt arrivé à l’aéroport, le voyageur cherche une maison de transfert située toujours dans l’enceinte et rembourse l’argent du coup.
Et finalement, ces voyageurs ne dépensent pas leur argent pour payer l’hôtel, l’argent de poche non plus. Tout par et pour l’agence! Et ils vont se retrouver dans des communes comme Quiricula, Pedro Aguirre Cerda, San Bernado, Cerro Navia et autres où existe déjà une communauté haïtienne qui les accueille et va leur indiquer comment procéder pour s’en sortir après ce long voyage d’une durée de 10 heures qu’ils ont fait en quête d’une vie meilleure.
Face à ces agissements, il faut s`attendre à des réactions plus sévères des autorités chiliennes qui sont informées de ces manœuvres de la part des agences, surtout le 11 mars un nouveau président de tendance droite prendra les rênes du pouvoir au Chili. L’État chilien pourrait décider à n’importe quel moment de revoir sa politique migratoire.
De plus, il convient de rappeler les mots forts du nouveau président chilien Sebastian Pinera. Avant de remporter les élections avec 54% contre le Sénateur et ancien journaliste Alejandro Guiller (45,43%) il eut à déclarer : « Jamais Chili ne deviendra comme Haiti ».
Ancien président de 2010 à 2014, Sebastian Pinera est le premier chef d’État de la droite depuis la fin de la dictature d’Agusto Pinochet. Le 11 mars 2018, le principal actionnaire de la compagnie Lan Airlines va prêter serment et remplacera Madame Michelle Bachelet de la gauche.
Le Chili vire à droite à un moment où la situation des migrants haïtiens, de plus en plus nombreux aujourd’hui, suscite des débats. Les Haïtiens surnomment déjà le nouveau président « Deuxième Trump ».
Cette appellation en dit long sur l’avenir des Haïtiens au Chili.
Came Stefada Poulard


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