22 mai 2026
Crise : le RDNP appelle au départ d’Alix Didier Fils-Aimé et préconise la formation d’un nouveau gouvernement  
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Crise : le RDNP appelle au départ d’Alix Didier Fils-Aimé et préconise la formation d’un nouveau gouvernement  

Le RDNP prend acte de l’échec du Gouvernement issu du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections et appelle à des consultations nationales urgentes.

Le Directoire national du Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP), signataire du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, s’adresse à la Nation haïtienne afin d’attirer l’attention des citoyennes et des citoyens sur la gravité exceptionnelle du moment et les appelle à s’impliquer avec responsabilité, lucidité et patriotisme dans le redressement du pays.

Cent jours après le 7 février 2026, date à laquelle le Gouvernement dirigé par Monsieur Alix Didier Fils-Aimé a officiellement hérité de la conduite de la transition, le constat est sans appel : la situation nationale s’est dramatiquement aggravée sur tous les plans.

Le RDNP avait accepté de signer ce pacte dans un esprit patriotique, convaincu qu’en ces temps exceptionnels de notre histoire, Haïti avait besoin d’un minimum de stabilité politique pour rétablir la sécurité, remettre les institutions en fonctionnement et conduire le pays vers des élections crédibles, inclusives et démocratiques.

Le Pacte engageait pourtant clairement le Gouvernement à rétablir la sécurité, garantir la libre circulation des personnes et des biens, protéger les populations, renforcer les institutions républicaines, assurer un fonctionnement impartial de l’État et organiser les élections dans les délais prévus.

Aujourd’hui, force est de constater que ces objectifs sont non seulement loin d’être atteints, mais qu’ils connaissent un recul alarmant. Haïti fait désormais face à une accélération inquiétante de son effondrement.

La violence armée continue de s’étendre. Les gangs poursuivent leur progression dans l’Artibonite, dans la Plaine du Cul-de-Sac, à Port-au-Prince ainsi que dans plusieurs autres régions stratégiques du pays. Des milliers de familles continuent d’être déplacées. Des écoles sont fermées, abandonnées ou détruites. Des enfants sont privés d’éducation, exposés au recrutement criminel et à toutes les formes d’exploitation.

Les services de santé se détériorent davantage, tandis que la réapparition de cas de diphtérie rappelle l’effondrement progressif des mécanismes de prévention sanitaire.

Les données disponibles aux niveaux national et international confirment une aggravation continue de la crise humanitaire, sécuritaire et sociale. Le peuple haïtien vit désormais dans une précarité extrême, pendant que l’État recule chaque jour davantage face aux groupes armés.

Le report des élections constitue un autre aveu d’échec majeur. Rien, à ce stade, ne permet sérieusement de croire que le Gouvernement actuel est capable de sécuriser le territoire, stabiliser les institutions et organiser des élections honnêtes, crédibles et inclusives dans des conditions acceptables.

Le Gouvernement n’a pas su créer le climat de confiance nationale indispensable à la réussite de la transition. Pire encore, il a contribué à approfondir la crise par une série de nominations à caractère politique, souvent motivées par des intérêts partisans plutôt que par la compétence et le mérite. Ces choix visent davantage le contrôle des leviers stratégiques de l’État que le service de l’intérêt général.

Cette logique clanique, partisane et opportuniste compromet dangereusement la neutralité de l’appareil d’État pourtant exigée par le Pacte lui-même.

Le RDNP refuse d’être complice d’un processus susceptible de conduire le pays vers des élections truquées, organisées dans un contexte d’insécurité généralisée et de captation des institutions publiques au profit d’un clan politique. Une telle perspective risquerait d’aggraver encore davantage l’instabilité du pays à court, moyen et long terme.

Le temps n’est plus aux arrangements de circonstance ni au tribalisme politique. L’heure est au sursaut national.

Chaque jour supplémentaire sous cette gouvernance représente un risque accru pour la survie même de la Nation. Cette paralysie permet aux gangs d’étendre leur emprise, affaiblit davantage les institutions républicaines, détruit l’économie nationale et condamne des milliers de jeunes à la peur, à l’exil, à la misère ou au recrutement criminel.

Cent jours après l’installation de ce nouveau gouvernement, et près de vingt mois après l’arrivée à la Primature du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, il devient évident que le pays ne peut continuer à être dirigé par un pouvoir incapable de répondre à l’urgence historique actuelle.

Le RDNP considère que cette transition a perdu sa crédibilité politique, sa capacité opérationnelle ainsi que sa légitimité morale.

En conséquence, le RDNP appelle à l’ouverture immédiate de nouvelles consultations nationales devant conduire, sans délai, à la mise en place d’un gouvernement crédible, compétent et patriotique, capable de rétablir l’autorité de l’État, de sécuriser le territoire et de créer enfin les conditions minimales indispensables à la tenue d’élections véritables.

Le problème de l’insécurité est avant tout un problème de gouvernance. C’est donc à ce niveau qu’il faut prioritairement agir.

En ces temps exceptionnels, Haïti a besoin d’un gouvernement exceptionnel composé de femmes et d’hommes d’État compétents, crédibles, intègres et capables d’obtenir des résultats concrets.

Fidèle à ses valeurs, le RDNP estime que le prochain gouvernement devra faire place à une nouvelle génération de responsables publics : des jeunes compétents, des professionnels, des technocrates expérimentés et des patriotes ayant déjà démontré, dans différents secteurs de la vie nationale, leur capacité de gestion, leur sens du sacrifice et leur engagement envers la Nation plutôt qu’envers des intérêts particuliers.

L’histoire jugera sévèrement celles et ceux qui auront privilégié les intérêts de clans, les privilèges personnels et les calculs politiciens pendant que le peuple haïtien sombrait dans le chaos et l’abandon.

Le RDNP refuse de cautionner plus longtemps l’échec, l’improvisation et l’effondrement organisé de l’État.

Le peuple haïtien mérite mieux.

Haïti mérite mieux. Il est encore temps de sauver la Nation. Haïti est en train de se dissoudre sous nos yeux, et le temps presse. Unissons-nous autour d’une même cause : le salut national.

Port-au-Prince …………..mai 2026

Directoire national du RDNP

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