Depuis le soulèvement des habitants du Cap-Haïtien, déclenché le lundi 27 avril 2026 pour dénoncer la dégradation accélérée de l’environnement urbain et l’état catastrophique des principales routes de la ville, la population continue d’attendre des actions concrètes de la part des autorités. Deux jours plus tard, soit le mercredi 29 avril, une délégation ministérielle conduite par le ministre de l’intérieur et des collectivités Paul AntoineBien_Aime, avait effectué une visite dans la cité christophienne afin de calmer la colère populaire et annoncer plusieurs interventions d’urgence. Pourtant, plusieurs semaines après cette mobilisation, les promesses faites sur le terrain peinent toujours à se traduire en résultats visibles.
Malgré le fait que le ministre des Travaux Publics, Transports et Communications (MTPTC) Almathe Pierre-Louis ait pratiquement établi son quartier général au Cap-Haïtien depuis le début de la crise, de nombreux citoyens dénoncent ce qu’ils considèrent comme une politique d’annonces sans suivi réel. Les travaux engagés restent limités, irréguliers et souvent interrompus avant leur achèvement. À Champin, la tension est montée d’un cran ce jeudi 14 mai lorsque des habitants ont refusé le retrait d’un deuxième équipement affecté au nettoyage des canaux, alors que les opérations d’assainissement sont loin d’être terminées. Pour plusieurs riverains, cette décision renforce l’impression d’un gouvernement davantage préoccupé par la communication politique que par la recherche de solutions durables aux graves problèmes environnementaux qui menacent plusieurs quartiers du Cap-Haïtien.
Le lancement annoncé des travaux de la route SOS–Carrefour Aéroport suscite également de nombreuses interrogations au sein de la population. Après plusieurs années marquées par des projets routiers annoncés en grande pompe puis abandonnés ou laissés inachevés, plusieurs citoyens affichent désormais un scepticisme profond face aux nouvelles promesses du MTPTC. Beaucoup estiment que le gouvernement devrait d’abord achever les infrastructures déjà entamées avant de multiplier les cérémonies de lancement et les effets d’annonce. L’état de plusieurs axes stratégiques du département du Nord continue d’ailleurs d’illustrer l’échec des politiques publiques en matière d’infrastructures et d’aménagement urbain.
Au-delà du ministre Almathe Pierre-Louis, c’est l’ensemble de l’action gouvernementale qui est aujourd’hui remis en question par une partie de la population du Cap-Haïtien. Entre lenteurs administratives, absence de planification claire et interventions ponctuelles souvent motivées par la pression populaire, les autorités peinent à convaincre qu’elles disposent d’une véritable stratégie pour répondre aux urgences environnementales et routières de la région. Pendant que les canaux débordent, que les routes se détériorent et que les habitants vivent dans l’incertitude, la population réclame désormais moins de discours et davantage d’actions concrètes, visibles et durables.
Guyno DUVERNE

