COLUMBUS, Ohio, 6 mai 2026 — Environ 45 000 Haïtiens installés dans l’Ohio vivent dans l’attente d’une décision de la Cour suprême des États-Unis sur la volonté de l’administration Trump de mettre fin au Statut de protection temporaire, le TPS, accordé à des ressortissants haïtiens depuis le séisme de 2010. Dans le centre de l’Ohio, près de 30 000 Haïtiens seraient concernés, tandis que la ville de Springfield en compterait entre 12 000 et 15 000, selon les estimations rapportées localement.
Au total, environ 350 000 Haïtiens bénéficient du TPS aux États-Unis. Ce dispositif, prévu par la loi américaine de 1990, permet à des étrangers de rester légalement sur le territoire lorsque leur pays d’origine demeure frappé par une catastrophe naturelle, un conflit armé, une crise politique ou des conditions empêchant un retour sûr. L’administration Trump soutient que ce statut, par nature temporaire, ne peut se transformer en protection indéfinie. Les avocats des bénéficiaires répliquent que le gouvernement n’a pas procédé à l’examen obligatoire des conditions en Haïti avant d’ordonner la fin de la protection.
La Cour suprême examine désormais si les tribunaux peuvent contrôler la décision de l’exécutif en matière de TPS ou si celle-ci relève d’un pouvoir discrétionnaire du secrétaire à la Sécurité intérieure. Selon l’Associated Press, la juge fédérale Ana Reyes avait auparavant suspendu la mesure, estimant notamment que les plaignants avaient de fortes chances de l’emporter et que la décision de Kristi Noem pouvait avoir été arrêtée sous l’effet d’une hostilité envers des migrants non blancs.
Cette bataille judiciaire intervient alors qu’Haïti connaît une détérioration sécuritaire et humanitaire majeure. L’International Rescue Committee affirme qu’Haïti traverse l’une des pires crises humanitaires au monde, avec 6,4 millions de personnes ayant besoin d’assistance. L’organisation indique que les gangs contrôlent près de 90 % de Port-au-Prince et que l’instabilité politique pourrait encore aggraver les déplacements internes, l’insécurité alimentaire et les affrontements armés.
Selon l’évaluation de l’IRC, 73 % des ménages interrogés disent ne pas se sentir en sécurité là où ils dorment, seuls 5,5 % vivent encore dans leur propre logement, près d’un quart signalent la présence d’enfants non accompagnés dans leur communauté, 60 % des enfants ne fréquentent pas l’école et 75 % des ménages ne peuvent pas payer les soins de santé. L’organisation lie cette situation à l’effondrement des services publics, à la violence des groupes armés et à la progression du recrutement d’enfants par les gangs.
À Springfield, la communauté haïtienne reste aussi marquée par les accusations mensongères diffusées pendant la campagne présidentielle de 2024, lorsque Donald Trump et J.D. Vance avaient affirmé, sans preuve, que des migrants haïtiens volaient et mangeaient des animaux domestiques. Le gouverneur républicain de l’Ohio, Mike DeWine, avait publiquement rejeté ces allégations. Pour les défenseurs des bénéficiaires du TPS, forcer des milliers d’Haïtiens à retourner dans un pays dominé par les gangs reviendrait à les exposer à des risques graves de violence, de famine, de maladie et de rupture familiale.
source: Immigration FAQs | City of Springfield Ohio Official Website

