3 mai 2026
Sandra Paulémon au MPCE : le ministère des communiqués, des annonces et des projets sans preuves, en attendant l’État réel
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Sandra Paulémon au MPCE : le ministère des communiqués, des annonces et des projets sans preuves, en attendant l’État réel

par Me. Claudy Briend Auguste (cba)

Port-au-Prince, 3 mai 2026 — Rezo Nòdwès — Depuis son intronisation au ministère de la Planification et de la Coopération Externe, Sandra Paulemon paraît avoir fait de l’annonce un mode de gouvernance. Les communiqués s’enchaînent comme des plans sur papier glacé : stabilisation, relèvement, résilience, ciblage territorial, paix durable, inclusion des jeunes, protection des femmes. Le lexique est impeccable, les partenaires sont bien nommés, les sigles circulent avec élégance.

Mais derrière cette grammaire institutionnelle, demeure un constat embarrassant : aucun quartier stabilisé n’est clairement identifié, aucune famille déplacée n’est officiellement recensée comme rentrée chez elle, aucune école rouverte n’est documentée, aucune route redevenue praticable et sûre n’est portée au bilan.

La rencontre avec l’Unité Gouvernance du PNUD, autour des projets financés par le Peacebuilding Fund, traduit cette administration suspendue dans le futur permanent. Martissant, Bel-Air, Solino, Carrefour-Feuilles, l’Artibonite et le Nord y apparaissent comme des territoires promis à une résurrection programmée, rangés dans la syntaxe rassurante des bailleurs, des axes d’intervention et des cadres de stabilisation.

Pourtant, le communiqué ne précise ni les montants mobilisés, ni les délais opposables, ni les indicateurs de performance, ni les résultats déjà constatables. Il évoque la réduction de la violence armée, le renforcement de l’autorité publique et la création d’alternatives économiques, sans établir la moindre traçabilité de l’action exécutée. Haïti reçoit encore une cartographie de projets, alors qu’elle attend des preuves d’État.

À force d’annoncer des dispositifs sans rendre compte de leurs effets, le pouvoir finit par confondre planification et incantation administrative. Une ministre de la Planification ne peut se contenter d’habiller l’urgence nationale de formules techniques ; elle doit dire ce qui a été fait, où, avec quels moyens, sous quel contrôle et au profit de quelles populations. Haïti ne souffre pas d’un déficit de vocabulaire : elle souffre d’un déficit d’État et d’état d’homme.

Et pendant que les communiqués annoncent la stabilisation à venir, les citoyens réclament moins de projets exposés en vitrine et davantage de sécurité effective, de justice accessible, de routes praticables, d’écoles rouvertes et de présence publique tangible. Madame la Ministre, la nation vous verra-t-elle à l’Arcahaie, lieu hautement symbolique de l’acte fondateur du drapeau, lors de la célébration du 18 mai prochain ?

source: https://www.facebook.com/MPCEHa

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