Sortir de l’informel sans l’effacer, mais en le structurant : tel est le cap défendu par les acteurs réunis lors de la deuxième réunion du comité de pilotage d’un projet visant à bâtir une économie plus inclusive en Haïti. Organisée le 29 avril, la rencontre a rassemblé institutions publiques, partenaires internationaux, secteur privé et société civile autour d’une même ambition : transformer un diagnostic partagé en actions concrètes.
Mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le développement, l’Organisation internationale du travail et le Ministère de la Planification et de la Coopération externe, avec l’appui du Fonds pour la consolidation de la paix, le projet entend soutenir les réformes prioritaires du gouvernement. « L’objectif est de renforcer les politiques publiques en faveur d’un développement durable », a indiqué Guy Roméo Latry, représentant du ministère.
Au cœur des discussions : le poids du secteur informel, qui représente près de 91 % des activités économiques du pays selon l’OIT. Majoritairement porté par les femmes — commerçantes, transformatrices ou prestataires — ce secteur demeure essentiel à la survie des ménages, malgré son invisibilité dans les statistiques et l’absence de protection sociale.
Les participants ont insisté sur la nécessité d’ancrer les réformes dans ces réalités, en intégrant pleinement femmes et jeunes comme moteurs de croissance. La question des transferts de la diaspora, estimés à environ 25 % du PIB, a également été au centre des échanges. Pour Xavier Michon, représentant du PNUD, ces flux financiers constituent « une force » encore insuffisamment orientée vers l’investissement productif.
Plusieurs axes stratégiques ont été identifiés : inclusion financière accrue, renforcement des systèmes de protection sociale et valorisation du potentiel démographique. L’enjeu est de créer les conditions d’une économie plus résiliente, capable de réduire les inégalités tout en stimulant la croissance.

