25 avril 2026
Haïti — retrait kényan : le ministère de l’Intérieur met en avant « territoires perdus récupérés » et axes rétablis
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Haïti — retrait kényan : le ministère de l’Intérieur met en avant « territoires perdus récupérés » et axes rétablis

Le ministère de l’Intérieur kényan s’accorde un satisfecit après la mission en Haïti : 653 policiers rapatriés au terme de deux années de déploiement. Si le ministère de l’Intérieur du Kenya dresse un bilan valorisant de la mission MSS en Haïti — aéroport sécurisé, axes routiers rouverts et « territoires récupérés » —, subsistent des externalités humaines et sociales difficilement quantifiables, dont la situation de jeunes femmes rendues enceintes lors du déploiement, appelées à constituer, à terme, une mémoire silencieuse de cette présence. Une présence qui, sans être à l’origine de la crise haïtienne, n’en a pas résolu les déterminants structurels et pourrait, selon une lecture critique, avoir contribué à en différer la pleine intelligibilité.

NAIROBI, 25 avril 2026 — Le ministère de l’Intérieur du Kenya a officiellement entériné le retour des 653 agents du National Police Service déployés en Haïti dans le cadre de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Multinational Security Support, MSS), concluant ainsi la participation kényane à cette opération internationale par une appréciation institutionnelle manifestement positive de son action.

Dans un communiqué rendu public le 20 avril 2026, l’autorité ministérielle souligne que ce rapatriement constitue « une étape majeure » dans les efforts de soutien à la paix menés par le Kenya. Le document précise en ces termes : « 653 policiers kényans sont désormais rentrés au pays après deux années de mission en Haïti. Le Kenya a franchi un jalon significatif dans ses engagements internationaux en matière de soutien à la paix. »

Placée sous la responsabilité du secrétaire de cabinet chargé de l’Intérieur, Kipchumba Murkomen, l’opération de retrait s’est déroulée selon une planification séquentielle. Un dernier contingent de 208 agents a été rapatrié le 24 mars 2026, clôturant la troisième phase du désengagement. Cette étape faisait suite au retour de 215 officiers le 17 mars 2026, après un premier groupe de 230 agents rentré le 9 décembre 2025.

Le ministère indique que ce retrait progressif s’inscrit dans un cadre normatif défini par la Conseil de sécurité des Nations unies, consécutivement à l’adoption de la Résolution 2793 (2025). Ce texte consacre une réorientation du dispositif sécuritaire en Haïti vers une nouvelle entité, la Gang Suppression Force (GSF), appelée à prendre le relais dans la phase suivante des opérations de stabilisation.

Durant leur déploiement, les policiers kényans ont opéré en appui à la Police nationale d’Haïti, participant à des opérations de lutte contre la criminalité armée et de rétablissement de l’ordre public. Leur action a notamment porté sur la sécurisation d’infrastructures stratégiques — aéroport international, installations portuaires et axes routiers majeurs — ainsi que sur la reprise de zones auparavant contrôlées par des groupes armés.

Le communiqué souligne également leur contribution à la facilitation de l’accès humanitaire, en assurant la circulation sécurisée des populations civiles et des organisations d’assistance. Il met en avant, enfin, leur rôle dans le renforcement des capacités opérationnelles de la police haïtienne et dans la consolidation de la confiance du public envers les institutions de maintien de l’ordre, éléments que le ministère présente comme des acquis substantiels de cette mission internationale.

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