20 avril 2026
Les associations de médias haïtiens, toujours en phase d’analyse et d’évaluation du décret du 31 mars relatif à la migration vers la Télévision numérique
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Les associations de médias haïtiens, toujours en phase d’analyse et d’évaluation du décret du 31 mars relatif à la migration vers la Télévision numérique

Plus de quinze jours après la publication d’un décret du gouvernement de facto mettant fin, à partir du 30 septembre 2026, aux droits d’exploitation des fréquences en mode analogique détenus par plus de 134 petites et moyennes entreprises audiovisuelles, et les réduisant à de simples éditeurs de contenus, les acteurs du secteur semblent encore en phase d’analyse et d’évaluation plutôt que de confrontation ouverte.

Cependant, plusieurs observateurs estiment que des positions plus fermes (demandes de prolongation des délais, priorité pour les historiques, fonds d’accompagnement, indemnisation) devraient émerger dans les semaines à venir, surtout si le dialogue promis par le CONATEL ne donne pas de résultats concrets rapidement pour la majorité des entreprises audiovisuelles concernées.

Après cet ajustement réglementaire interne haïtien qui sert directement et également les intérêts stratégiques et immédiats de son voisin (la République dominicaine), c’est-à-dire la publication du décret qui est venu crédibiliser l’appel d’offres pour la bande des 700 MHz en République dominicaine en diminuant les craintes d’interférences dans un futur proche (30 septembre 2026), le constat est le suivant au niveau des principaux acteurs du secteur audiovisuel traditionnel :

Silence relatif des grandes associations :
Pas de communiqué officiel de l’ANMH ou de l’AMIH pour l’instant. Cela peut s’expliquer par une phase d’analyse interne, de consultation des membres et de préparation d’un dossier solide (juridique et technique).

Inquiétude diffuse mais réelle chez certains opérateurs TV :
Les préoccupations portent surtout sur les coûts, le manque de clarté des mécanismes de transition et le risque de concentration du secteur.

Pas de mobilisation massive visible pour le moment :
Pas de conférence de presse collective, pas de pétition publique.

Le silence des principales associations de médias haïtiennes (telles que l’Association Nationale des Médias Haïtiens – ANMH, l’Association des Médias Indépendants d’Haïti – AMIH, ou d’autres regroupements sectoriels) après la publication du décret du 31 mars 2026 sur la migration de la télévision analogique vers la Télévision Numérique Terrestre (TNT) peut s’interpréter de plusieurs manières.


Analyse nuancée et équilibrée du silence des acteurs du secteur audiovisuel traditionnel

1. Le silence n’est pas total, mais très discret

  • Le CONATEL a publié un communiqué les 7-8 avril 2026 présentant le décret comme « une avancée majeure » pour moderniser le secteur.
  • Des médias mentionnent déjà des préoccupations chez certains opérateurs (coûts élevés, manque de préparation, absence de concertation claire), mais sans communiqué officiel fort des grandes associations.
  • D’autres soulignent explicitement que « la réaction des deux principales associations de médias en Haïti (ANMH et AMIH) est attendue dans les prochains jours », car le décret risque de créer un oligopole et de violer les droits acquis des concessionnaires historiques.

Cela suggère que, environ 10 à 15 jours après la publication, les associations n’ont pas encore adopté de position publique forte et collective.


2. Interprétations possibles du silence

Plusieurs lectures cohérentes avec la réalité haïtienne :

a) Stratégie de prudence et de préparation interne (la plus plausible)
Les associations sont en phase d’analyse juridique et technique approfondie avant de s’exprimer officiellement. Elles consultent leurs membres, des juristes et des experts pour évaluer :

  • La solidité d’un recours en annulation ou en responsabilité contre le décret ;
  • Les impacts réels sur les petites et moyennes stations ;
  • Les options de négociation (délais, priorité, fonds, indemnisation).

b) Division ou faiblesse structurelle du secteur
Le paysage médiatique haïtien est fragmenté. Certaines grandes stations pourraient privilégier des discussions directes avec le CONATEL, freinant une réaction collective.

c) Contexte politique et sécuritaire lourd
La crise actuelle (gouvernement de facto, insécurité, absence d’institutions) pousse les associations à prioriser d’autres urgences.

d) Attente d’un dialogue annoncé
Le CONATEL évoque des mesures d’accompagnement. Les associations peuvent attendre des clarifications avant de réagir.

e) Crainte de représailles ou de marginalisation
Un positionnement trop critique pourrait affecter l’accès futur aux ressources (fréquences, multiplexes).


3. Ce que le silence ne signifie pas

  • Il ne signifie pas une acceptation du décret ;
  • Il ne signifie pas l’absence de préoccupations ou de critiques ;
  • Il ne signifie pas l’absence de mobilisation informelle.

4. À quoi s’attendre dans les prochaines semaines ?

  • Une prise de position officielle demandant :
    • Une prolongation des délais ;
    • Une priorité pour les opérateurs historiques ;
    • Un fonds d’accompagnement ;
    • Une indemnisation.
  • Possiblement des recours judiciaires si le dialogue échoue.

Conclusion

La prudence des associations de médias semble refléter une phase de réflexion stratégique plutôt qu’une approbation tacite. Dans un contexte de ressources limitées et de fortes incertitudes, elles paraissent vouloir construire un dossier solide avant toute confrontation publique.

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