SAINT-MARC, Haïti — Une mobilisation populaire a contraint les autorités à suspendre le transfert de quatre véhicules blindés vers Port-au-Prince, dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans le département de l’Artibonite.
Plusieurs centaines de manifestants — parmi lesquels des enseignants, des étudiants et des habitants de divers horizons — se sont rassemblés à proximité du port de Saint-Marc afin d’empêcher l’embarquement de ces équipements, jugés indispensables pour contenir les groupes armés opérant dans la région. Les protestataires ont estimé qu’un tel redéploiement affaiblirait davantage une zone déjà exposée à des violences répétées.
Selon des sources locales, la Police Nationale d’Haïti envisageait un acheminement par voie maritime, les axes routiers reliant Saint-Marc à la capitale — notamment via Montrouis, Arcahaie et Cabaret — étant considérés comme à haut risque en raison de la présence de gangs armés. Cette contrainte logistique reflète l’ampleur des difficultés de circulation des forces de l’ordre sur certaines portions du territoire.
Face à l’insistance des manifestants, les autorités ont finalement interrompu l’opération. Les quatre blindés ont été descendus du point d’embarquement et reconduits vers leur base d’origine, sous la surveillance de la population, déterminée à en garantir le maintien dans la région.
La situation met en lumière une tension persistante entre les priorités sécuritaires nationales et les revendications locales. À Saint-Marc, où la pression des groupes armés demeure constante, une partie de la population entend désormais peser directement sur les décisions relatives à la répartition des moyens de sécurité.

