15 avril 2026
Citadelle Laferrière : le silence après le drame, l’enquête s’accélère
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Citadelle Laferrière : le silence après le drame, l’enquête s’accélère

« Depuis samedi, la Citadelle n’est plus la même », glisse un habitant de Milot, encore marqué par les événements. Trois jours après la tragédie survenue sur le site historique, la forteresse présente un visage inhabituel : désertée, sans visiteurs ni guides, elle demeure plongée dans une atmosphère lourde, à la mesure de l’émotion qui traverse la commune.

Dans les quartiers environnants, les témoignages se multiplient, entre incompréhension et douleur. « On a du mal à réaliser. Tout s’est passé si vite », confie un riverain. Le bilan provisoire fait état d’au moins 25 morts et de plusieurs dizaines de blessés, à la suite d’une activité organisée sans autorisation, dans un contexte de forte affluence et sous des pluies soutenues signalées dans la zone du Bonnet-à-l’Évêque.

Selon plusieurs participants, l’événement, initialement festif, animé par le rabòday et des bandes de rara, a rapidement basculé. « La foule dépassait largement la capacité du site. Quand la panique s’est installée, chacun cherchait à fuir en même temps », rapporte un témoin.

Depuis, la commune de Milot vit au rythme du deuil. Plusieurs familles pleurent leurs proches, tandis que d’autres restent suspendues à l’évolution de l’état des blessés. À l’hôpital Sacré-Cœur, le personnel soignant a dû faire face à un afflux massif de victimes dans les heures ayant suivi le drame.

Face à l’ampleur de la catastrophe, les autorités municipales ont pris des dispositions exceptionnelles. Les établissements scolaires, publics comme privés, ont été fermés temporairement, tandis que le drapeau national a été mis en berne en signe de recueillement.

Sur le plan judiciaire, les investigations se poursuivent et s’intensifient. Plusieurs personnes ont été interpellées, parmi lesquelles des agents de sécurité et des employés affectés au site. Le maire de Milot, Wesner Joseph, a également été placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête.

Parallèlement, le directeur départemental de l’Institut de sauvegarde du patrimoine national, Neat Achille, a été révoqué et fait l’objet de recherches, après avoir été remis en liberté dans des conditions jugées controversées, selon des sources concordantes. « De nombreuses interrogations subsistent. Il est impératif de situer les responsabilités à tous les niveaux », indique une source proche du dossier.

Les premiers éléments d’analyse dressés par la Protection civile évoquent des manquements significatifs, notamment en matière de gestion des flux et de dispositifs de sécurité. De son côté, un rapport interne de l’ISPAN fait état de défaillances structurelles et organisationnelles : insuffisance de planification, non-respect des capacités d’accueil, coordination déficiente entre les acteurs, ainsi que des lacunes dans le contrôle des accès et la gestion des urgences.

Dans l’attente de conclusions définitives, la Citadelle Laferrière reste figée, comme suspendue, dans un silence chargé de mémoire et d’interrogations.

Gislène Guerrier
gisleneguerrier16@gmail.com

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