Suite à la bousculade survenue à la Citadelle Laferrière, ayant entraîné la mort d’au moins 25 personnes,
le ministère de la Culture et de la Communication a annoncé la révocation de deux responsables publics, invoquant des manquements graves dans l’encadrement d’un rassemblement massif sur un site classé.
Selon le communiqué officiel, un directeur de l’Institut de sauvegarde du patrimoine national (ISPAN) a été démis pour « négligence grave », tandis qu’un cadre du ministère a été sanctionné pour « passivité partisane ». Ces mesures administratives interviennent dans un contexte de forte pression publique, alors que les circonstances exactes du drame demeurent sous investigation.
Le rassemblement, initié par un acteur local via les réseaux sociaux et amplifié par des annonces mobiles dans les quartiers environnants, aurait attiré une affluence exceptionnelle sur le site de la Citadelle, infrastructure historique dont la capacité d’accueil et les dispositifs de sécurité restent limités. Des témoins évoquent des mouvements de foule dans des espaces restreints, sans mécanisme efficace de régulation.
Sur le plan judiciaire, neuf personnes ont été interpellées, dont cinq agents de la Police nationale d’Haïti ainsi que des employés liés à l’ISPAN. Le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance du Cap-Haïtien, Eno Zéphirin, a confirmé la poursuite des investigations, sans divulguer à ce stade l’ensemble des identités concernées.
Au-delà des sanctions individuelles, cet épisode met en évidence une problématique structurelle relative à la gestion des sites patrimoniaux en Haïti : absence de protocoles normatifs contraignants pour les événements publics, déficience des dispositifs de prévention des risques collectifs, et dilution des responsabilités entre institutions administratives et sécuritaires.
Une interrogation persiste quant à la portée réelle des révocations annoncées : s’agit-il d’une réponse ponctuelle à une crise conjoncturelle, ou du prélude à une réforme plus large des mécanismes de gouvernance du patrimoine national et de la sécurité publique dans les espaces à forte affluence ?

