Ce qui se déroule sous nos yeux en Haïti n’est pas qu’un drame humanitaire. C’est peut-être, à l’insu de tous, la plus vaste et brutale transaction foncière de l’histoire moderne des Caraïbes.
Mais ici, il n’y a pas de notaires. Pas de contrats. Pas de chèques.
Seulement des balles, des cadavres et des maisons vides.
Depuis 2022, plus d’un million de personnes ont été arrachées à leurs foyers dans une capitale en ruines. Port-au-Prince, vidée quartier par quartier sous la pression de gangs lourdement armés, est en train de changer de mains. Non pas juridiquement, mais physiquement. Et ce transfert de pouvoir foncier se fait dans l’indifférence complice d’un État absent – ou pire, intéressé.
Car derrière chaque famille qui fuit, il y a un terrain vacant.
Et derrière chaque quartier incendié, il y a un projet caché.
Sous couvert de chaos, une recomposition urbaine s’opère. C’est le plus grand deal immobilier des Caraïbes – orchestré par les armes, légitimé par le silence.
On observe des schémas répétés :
• des maisons incendiées à Butte Boyer,
• des quartiers fantômes à Martissant,
• des bulldozers « sécurisant » des zones après le départ des habitants, • des gangs redistribuant les maisons vides à leurs proches,
• et des terrains convoités comme celui de Wyclef Jean, où l’illégalité porte un badge officiel.
Dans tout autre pays, ces actes seraient qualifiés de pur vol de terres à grande échelle. Mais en Haïti, on appelle cela “l’insécurité.”
Pourtant, les cibles ne sont pas choisies au hasard. Carrefour-Feuilles, Cité Soleil, Martissant, Bel-Air… Tous des endroits stratégiques, proches du port, des axes routiers, ou du centre ville. En termes d’immobilier, ce sont des emplacements en or, dégagés au prix du sang des plus pauvres.
Ce “vide” provoqué par la violence est une opportunité foncière pour certains. Une chance de redessiner la carte de la capitale sans réforme, sans planification, sans débat démocratique. Et surtout sans résistance, car les anciens habitants ne sont plus là pour réclamer leurs droits.
À l’étranger, on appelle cela du land grabbing. En Syrie, on l’a fait avec des lois. Au Liban, via des sociétés privées comme Solidere. En Colombie, avec des paramilitaires. En Haïti, ce sont les gangs qui préparent le terrain… pour qui, exactement ?
Personne ne peut encore nommer les futurs bénéficiaires, mais les indices s’accumulent : • Des élus liés à des spéculateurs.
• Des notaires véreux.
• Des hommes d’affaires qui financent des factions.
• Des bulldozers anonymes qui “nettoient” déjà les zones désertées.
Ce n’est plus une simple guerre des gangs.
C’est une guerre pour la terre.
Et si la communauté internationale ne s’en mêle pas, ce qui restera demain ne sera pas seulement un pays détruit, mais une capitale réorganisée par la force, où les plus pauvres auront été bannis au profit d’intérêts obscurs.
Voilà pourquoi il faut le dire haut et fort :
Ce n’est pas qu’un effondrement. C’est un projet.
Un projet de dépossession.
Un nettoyage foncier déguisé en crise sécuritaire.
La plus grande opération immobilière des Caraïbes – et personne n’a signé.
Les Etats-Unis d’Amérique veut tout acheté à prix de bananes. Vive les gangs, les Islamistes Haïtiens controlés et armés par la CIA.
Georges Sami Saati

Source : https://www.facebook.com/100003848841353/posts/3668655883272670/?app=fbl

