La responsable humanitaire de Nations unies, Edem Wosornu, a dressé un constat alarmant de la situation en Haïti à l’issue d’une mission en mars, évoquant une crise « parmi les plus graves et les plus rapidement détériorées » de la région.
Selon les données présentées, 6,4 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire, dont 5,7 millions en situation d’insécurité alimentaire aiguë. La capitale, Port-au-Prince, est à près de 90 % sous contrôle de groupes armés, tandis que 1,45 million de personnes sont déplacées.
La responsable a décrit des conditions de vie extrêmement précaires dans les sites de déplacés, marqués par la promiscuité et l’insalubrité. Elle a également souligné une hausse des violences basées sur le genre, avec plus de 8 000 cas recensés en 2025, dont une part importante concerne des mineurs.
Malgré ce contexte, Mme Wosornu a insisté sur la résilience de la population. « Les Haïtiens sont très clairs : nous ne voulons pas l’aumône, nous voulons reconstruire nos vies », a-t-elle rapporté.
L’ONU estime que 880 millions de dollars sont nécessaires en 2026 pour répondre aux besoins les plus urgents, un financement encore largement insuffisant. Elle souligne que l’aide humanitaire seule ne pourra suffire, appelant à des solutions politiques et sécuritaires durables.

