2 mars 2026
CEP Opont / ‘Grenn Soulye’ (2016) : mesure d’interdiction de quitter le pays contre les anciens membres, dont le pasteur Vijonet Déméro
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CEP Opont / ‘Grenn Soulye’ (2016) : mesure d’interdiction de quitter le pays contre les anciens membres, dont le pasteur Vijonet Déméro

Flashback

31 mai 2016.
Port-au-Prince retient son souffle.

À la suite des conclusions accablantes de la Commission indépendante d’évaluation et de vérification (CIEV), recommandant l’annulation du scrutin présidentiel du 25 octobre 2015, le Commissaire du gouvernement, Danton Léger, adopte une mesure conservatoire d’interdiction de quitter le territoire à l’encontre des dix anciens conseillers électoraux ayant siégé aux côtés de Pierre-Louis Opont. Le directeur exécutif Mosler Georges est également concerné.

Le contexte demeure explosif. Les législatives du 9 août 2015 avaient déjà suscité de vives contestations. La présidentielle d’octobre amplifie la crise : procès-verbaux litigieux, accusations de falsification, irrégularités systématiques. La légitimité du Conseil électoral provisoire se trouve profondément compromise.

Parmi les membres visés figure Vijonet Déméro, inscrit dans la composition de ce CEP ayant fonctionné sous l’administration de Michel Martelly. Ce conseil, dont la rémunération avait été révisée à la hausse à l’approche du scrutin présidentiel, devient le centre d’une tempête politico-judiciaire sans précédent.

La séquence se déploie en quatre temps :
– 9 août 2015 : législatives contestées ;
– 25 octobre 2015 : présidentielle décriée ;
– janvier 2016 : mobilisation populaire contre la direction électorale ;
– mai 2016 : interdiction de quitter le pays prononcée contre les anciens conseillers.

Flash-back achevé.

Dix ans plus tard, la résurgence de certains noms issus de cette période rappelle que la question électorale haïtienne ne relève pas uniquement d’un débat technique, mais d’un contentieux récurrent relatif à la responsabilité institutionnelle et à la permanence des élites administratives dans un environnement marqué par la défiance citoyenne.

La mémoire politique conserve ses archives. Elle réapparaît lorsque les circonstances la convoquent.

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