21 février 2026
VOL INTERDIT JUSQU’À NOUVEL ORDRE : Les petits-déjeuners diplomatiques suffiront-ils à rouvrir le ciel haïtien après le 7 mars 2026 ?
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VOL INTERDIT JUSQU’À NOUVEL ORDRE : Les petits-déjeuners diplomatiques suffiront-ils à rouvrir le ciel haïtien après le 7 mars 2026 ?

Ciel fermé, pouvoir en transit : Washington interdit, Port-au-Prince s’agite

Les vols commerciaux américains vers l’Aéroport international Toussaint-Louverture restent suspendus. La Federal Aviation Administration a prolongé l’interdiction jusqu’au 7 mars 2026, invoquant des risques persistants pour l’aviation civile dans une capitale en proie aux violences armées. Depuis les premières suspensions en 2024, à la suite d’incidents sécuritaires à proximité des couloirs d’approche et d’infrastructures aéroportuaires, les grandes compagnies américaines ont successivement gelé leurs opérations vers Port-au-Prince. Les prorogations se sont enchaînées, transformant la suspension en quasi-régime permanent.

Pendant que le ciel haïtien demeure verrouillé, les dirigeants de facto multiplient les déplacements entre Port-au-Prince et Washington. Alix Didier Fils-Aimé s’affiche dans une diplomatie active présentée comme nécessaire pour « consolider » son autorité à la tête d’un exécutif monocéphale. Or, quatorze jours après certaines annonces politiques majeures, l’utilité concrète de cette gouvernance peine à se matérialiser. Plusieurs ministres sont publiquement indexés pour des faits allégués de corruption, tandis que la note de 16/100 attribuée à Haïti par Transparency International alimente les interrogations sur la crédibilité institutionnelle.

La controverse s’intensifie : des petits-déjeuners diplomatiques et des échanges protocolaires peuvent-ils convaincre Washington de lever une interdiction fondée sur des critères techniques stricts ? En droit aérien, la sûreté prime. La reprise des liaisons dépend d’éléments objectivement vérifiables : sécurisation effective du périmètre aéroportuaire, contrôle territorial durable, garanties opérationnelles. Les autorités américaines, en coordination avec le U.S. Department of State, fondent leurs décisions sur des évaluations de risque consolidées et sur l’obligation de protection des passagers et des équipages.

L’image interpelle : dirigeants en transit permanent, population clouée au sol. Le ciel fermé s’érige en baromètre politique d’une gouvernance contestée. Après le 7 mars 2026, l’interrogation demeurera entière : la diplomatie d’apparat pourra-t-elle infléchir une décision fondée sur des impératifs de sûreté, ou seules des garanties sécuritaires vérifiables permettront-elles aux compagnies américaines de rétablir leurs liaisons vers Port-au-Prince ?

cba

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