13 février 2026
PRA. CE QUE JE PENSE : SIMPLES QUESTIONS GÉOPOLITIQUES
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PRA. CE QUE JE PENSE : SIMPLES QUESTIONS GÉOPOLITIQUES

CE QUE JE PENSE

SIMPLES QUESTIONS GÉOPOLITIQUES

Par Pierre Robert Auguste

Les faiseurs politiques haïtiens se démarquent trop de la géopolitique et n’ appréhendent guère les enjeux internationaux. Hier,ils auraient dû profiter de l’audition du chargé d’affaires américain Henry Wooster devant le Sénat de son pays pour l’accompagner de contre-vérités ou de vérités. C’était bien simple. Il suffirait d’utiliser les couloirs communicationnels, email, WhatsApp, plateformes, etc des sénateurs pour leur soumettre des documents, certes, authentiques, véridiques et vérifiables. N’étant pas. Wooster s’est livré à un exercice d’autoglorification et a plaidé pour sa propre cause, en essayant subtilement de flatter l’orgueil collectif des sénateurs, laissant apparaître la totale domination de Washington sur l’état et la société d’Haïti. Une occupation au rabais. Un gouvernement de doublure dont il est lui, Wooster, le chargé d’affaires américain, le chef effectif, ayant droit de nomination, de révocation et d’approbation.

Tout cela va dans le sens opposé aux principes du droit international consacrant le statut de l’Etat national d’Haiti, membre souverain de l’ONU, éligible au bénéfice du droit de protection conforme à la convention internationale ad hoc. Ce qui est permis dans ce cas c’est la reconstruction de l’Etat, autrement dit, le remembrement, la consolidation de ses institutions, donc le respect, la garantie, le libre exercice de son autonomie sans ingérence indûe et illicite.

Aujourd’hui, Wooster fait d’Haiti un État  » à l’envers », un gouvernement proconsulaire ,une société dépersonnalisée dans la droite ligne d’un trumpisme illibéraliste en mal de domination mondiale et de justification morale. Sa politique extérieure repose sur le deal. Quel deal a-t-il été conclu?

On se rend compte que le chef suprême d’aujourd’hui est le chargé d’affaires américain. C’est lui qui a imposé un premier ministre révoqué comme tenancier du pouvoir exécutif. Didier Fils Aimé reste et demeure un premier ministre démissionnaire. Il flottera dans l’air sans assises politiques réelles aussi longtemps qu’ un accord politique sérieux, profond, solide n’aura déterminé la gouvernabilité, statué sur son sort et celui du cabinet ministériel qui partage avec lui le pouvoir exécutif. Un pouvoir exécutif inséparable du fiasco. Didier et ses ministres sont aussi coupables de la débâcle que des neufs membres du CPT et de leurs géniteurs et complices.

Tout dépend de la capacité de cette classe politique honnie à renoncer aux vices et tendre vers l’intérêt général, défendre les principes et non les intérêts.

Le calme qui règne ne résulte pas d’un dispositif de sécurité bien agencé. La méfiance des populations contre les faiseurs politiques, leur maturité sociale, l’approche du carnaval créent un interlude de courte durée. Apre bal tanbou lou. Au lendemain du carnaval on s’engoufrera dans une période fragile de turbulences.
Les orages s’amoncellent. Un seul paratonnerre se révélera efficace: le dialogue. Une seule garantie sûre: la sincérité. On doit s’animer d’un esprit de conciliation à la recherche de la réconciliation nationale.

Après l’entente haïtienne souhaitée réaliste, équitable, il faudra se tourner vers l’Internationale avec des négociateurs ayant le sens de l’intérêt national d’un Anténor Firmin, la détermination d’un Bismarck, l’ habileté d’un Talleyrand pour obtenir que la conférence nationale précède la tenue des élections,que les prérogatives de défense nationale soient ramenées aux normes du droit international, exercées par l’état, que les responsabilités soient partagées et délimitées dans le cadre d’une coopération équitable. Nous devons cesser d’être une charge pour la communauté internationale. Avec 6000 policiers alors que l’institution est créditée du double, avec 13000 bandits dont 3000 bien entraînés, selon l’ambassadeur Wooster, la stratégie sécuritaire d’Haiti ne peut être plus ce qu’on voit : un simple décor du bazar de l’Internationale.

Nous devons prendre conscience que des têtes diplomatiques brûlées, mal pétries de préjugés discriminatoires inqualifiables, des oligarques tentés par l’assimilation et la reproduction du racisme trumpien pensent que la seule force réside dans la menace et l’usage des armes, oubliant qu’aucune arme n’est plus puissante que la volonté de l’homme et sa dignité révoltée. .. La situation pourra emporter des têtes diplomatiques et des fortunes imprudentes trop sûres de la contrebande à vie.

Gonaives le 11 février 2026
Pierre Robert Auguste

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