Les enfants qui naissent aujourd’hui dans les pays à revenu faible et intermédiaire pourraient perdre en moyenne 51 % de leurs revenus futurs. En cause : des déficits persistants en nutrition, en apprentissage et en compétences professionnelles, selon un rapport publié jeudi par la Banque mondiale.
Entre 2010 et 2025, 86 des 129 pays étudiés ont vu reculer au moins un de ces trois piliers. Malgré la hausse des revenus et le recul de la pauvreté, les bases du capital humain se fragilisent. Les écarts apparaissent avant même l’entrée à l’école : conditions de vie précaires, discipline violente, environnement peu stimulant. Grandir dans un quartier favorisé peut doubler les revenus futurs, à situation familiale identique.
Sur le marché du travail, la réalité est tout aussi brutale : 70 % des actifs occupent des emplois informels ou peu qualifiés, offrant peu d’apprentissage. Les femmes et les jeunes restent massivement à l’écart.
Un nouvel indice élargi, le HCI+, mesure désormais l’impact de ces pertes jusqu’à 65 ans. Verdict : à niveau de revenu comparable, les trajectoires divergent fortement. Le capital humain ne se décrète pas, il se construit — ou s’érode — au quotidien.

