L’Espagne engage une vaste régularisation de sans-papiers
À contre-courant du durcissement migratoire observé dans de nombreux pays occidentaux, l’Espagne a décidé de régulariser plus de 500 000 personnes en situation irrégulière au cours des prochains mois. Le gouvernement a adopté un décret royal autorisant l’octroi de permis de séjour d’un an, renouvelables, à des migrants déjà présents et actifs sur le territoire.
Pour être éligibles, les candidats devront notamment justifier d’une présence minimale de cinq mois avant le 31 décembre 2025 et ne pas avoir de casier judiciaire. Les autorités estiment qu’entre 500 000 et un million de personnes pourraient être concernées, en majorité originaires d’Amérique latine.
Cette mesure s’inscrit dans une stratégie économique assumée. Avec une croissance estimée à près de 3 % en 2025 et un taux de chômage passé sous la barre des 10 %, le gouvernement met en avant le rôle de l’immigration dans le dynamisme des secteurs du tourisme, des services et de la construction, confrontés à des pénuries de main-d’œuvre.
Selon plusieurs économistes, la régularisation permettrait aussi d’élargir l’assiette fiscale, de réduire le travail informel et de limiter les abus liés à l’emploi clandestin. Elle suscite toutefois une vive opposition à droite et à l’extrême droite, qui contestent la décision sur les plans juridique et politique.
La phase de dépôt des demandes doit s’ouvrir au printemps, dans un contexte administratif déjà sous tension, laissant planer des doutes sur la capacité de l’État à traiter un volume aussi important de dossiers dans les délais annoncés.

