Les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso ont décidé de dissoudre l’ensemble des partis politiques et organisations assimilées, selon un décret adopté jeudi en Conseil des ministres. Le texte abroge également les lois encadrant leur fonctionnement et prévoit le transfert de leurs biens à l’État.
Cette décision intervient dans un contexte où les activités politiques étaient déjà suspendues depuis plusieurs mois. Le ministre de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, a justifié la mesure en affirmant que les partis auraient « dévié de leur mission initiale », estimant que leur multiplication aurait favorisé les divisions sociales et fragilisé la cohésion nationale.
Le gouvernement annonce par ailleurs l’élaboration de nouveaux textes devant encadrer la création de futures formations politiques, lesquels devraient être soumis à l’organe législatif dans les prochains mois. Aucun calendrier précis n’a toutefois été communiqué.
Depuis le coup d’État militaire de 2022, les autorités de transition ont engagé une série de réformes institutionnelles majeures, incluant le report des élections censées marquer le retour à l’ordre constitutionnel et la dissolution de la commission électorale indépendante. Des organisations de la société civile dénoncent une restriction progressive de l’espace politique et des libertés publiques.
Le Burkina Faso s’inscrit ainsi dans une dynamique régionale marquée par la multiplication des prises de pouvoir militaires en Afrique de l’Ouest et centrale, souvent accompagnées de transitions prolongées et d’un recul des mécanismes démocratiques.

