La présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodríguez, a annoncé vendredi la mise en place prochaine d’une amnistie générale couvrant plus de deux décennies de violences politiques, ainsi que la fermeture de l’Hélicoïde, l’un des centres de détention les plus controversés de Caracas. Cette annonce intervient moins d’un mois après la capture de l’ex-président Nicolás Maduro par l’armée américaine.
Selon Delcy Rodríguez, le projet de loi d’amnistie, qui doit être soumis à l’Assemblée nationale, vise à favoriser la réconciliation nationale et à restaurer un fonctionnement plus crédible du système judiciaire. Elle a également indiqué que l’Hélicoïde serait reconverti en complexe social, culturel et sportif, rompant avec son usage carcéral.
Les autorités promettent par ailleurs l’organisation d’une consultation nationale en vue d’une réforme profonde de la justice, régulièrement accusée par l’opposition et des organisations de défense des droits humains d’être politisée et corrompue.
Si le pouvoir affirme avoir déjà libéré plusieurs centaines de détenus, des ONG contestent ces chiffres et estiment que plusieurs centaines de prisonniers politiques restent incarcérés, dont des ressortissants étrangers. Sur le terrain, des familles continuent d’attendre la libération de leurs proches.
L’annonce suscite à la fois espoirs et prudence. Des défenseurs des droits humains saluent une possible ouverture, tout en avertissant qu’une amnistie ne saurait couvrir de graves violations ou des crimes contre l’humanité. L’opposition y voit un possible tournant, tandis que certains observateurs estiment que ces mesures résultent avant tout de pressions diplomatiques internationales, notamment américaines, dans un contexte de recomposition politique et diplomatique au Venezuela.

