La Communauté caribéenne (CARICOM) finalise la planification de nouvelles discussions politiques sur la crise haïtienne, prévues à partir de vendredi en Jamaïque, sans qu’aucune séance formelle n’ait encore débuté, selon des sources proches du dossier.
Les consultations envisagées doivent réunir plusieurs acteurs haïtiens ayant déjà participé aux négociations conduites en 2024 à Kingston, lesquelles avaient débouché sur la création d’un Conseil présidentiel de transition (CPT) à neuf membres, en dehors de toutes normes légales et constitutionnelles.
Cette architecture collégiale, – « une honte nationale », soutient Dr Josué Renaud de NEHRO, soutenue à l’époque par la CARICOM, est aujourd’hui largement considérée comme un échec, n’ayant ni rétabli la sécurité ni permis l’organisation d’élections.
Parmi les personnalités invitées figurent notamment Claude Joseph et André Michel, déjà présents lors des discussions de 2024. Ces mêmes acteurs devraient, selon les informations disponibles, se retrouver de nouveau autour de la table afin de proposer une « nouvelle orientation » institutionnelle pour Haïti après l’expiration du mandat du CPT, fixée au 7 février 2026.
Selon l’analyste politique Josué Renaud, des scénarios en discussion au sein de la CARICOM évoquent la possibilité de maintenir deux ou trois membres actuels du CPT au sein du prochain dispositif exécutif. Une hypothèse « contraire à l’esprit et à la lettre de l’accord politique d’avril 2024, lequel excluait explicitement toute prolongation de mandat des membres du Conseil au-delà de la date butoir de février 2026 ».
Toujours selon Renaud, le nom de Laurent Saint-Cyr, passé du Haut Conseil de transition (HCT) au CPT, circulerait parmi les profils susceptibles d’être reconduits, malgré les critiques sur sa gestion et les accusations de violation flagrante des engagements pris lors de l’accord d’avril 2024.
À l’approche de l’échéance du 7 février, la perspective de voir réapparaître des membres du CPT dans la gouvernance future alimente une controverse croissante en Haïti, où de nombreux observateurs estiment que la sortie de crise ne saurait passer par la reconduction des mêmes figures associées à « l’impasse politique actuelle et déshonorante pour un pays indépendant depuis plus de 200 ans »

