L’Organisation mondiale de la santé traverse l’une des périodes les plus délicates de son histoire. Confrontée à un déficit de financement estimé à 660 millions de dollars, l’agence onusienne peine à préserver l’ensemble de ses priorités dans un contexte de recul des contributions volontaires et de fortes tensions géopolitiques.
À l’ouverture de la 43ᵉ réunion de son Conseil exécutif, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a lancé un appel pressant aux donateurs, plaidant pour des financements à la fois suffisants et flexibles. Car si les ressources diminuent, nombre de contributions restent strictement affectées, laissant des secteurs cruciaux sous-financés, notamment la préparation aux urgences sanitaires, la lutte contre la résistance aux antimicrobiens ou encore la résilience face au changement climatique.
Cette fragilité budgétaire s’est accentuée avec le retrait officiel des États-Unis de l’organisation, dans une année déjà marquée par des arbitrages difficiles. Le budget biennal 2026-2027 a été ramené à 4,2 milliards de dollars, contre 5,3 milliards initialement envisagés. Une cure d’austérité qui a conduit à des restructurations internes et à la suppression de plus de 1 200 postes, évitant toutefois des licenciements massifs grâce à des départs volontaires et à une hausse des contributions obligatoires.
Face à ces contraintes, l’OMS se veut résiliente. Son directeur plaide pour une organisation plus légère, plus agile et mieux armée pour répondre aux défis contemporains, du climat à l’intelligence artificielle. Une transformation jugée indispensable pour préserver son rôle central dans la gouvernance mondiale de la santé.

