Les nouvelles promesses du directeur général de la DINEPA, Ostinvil Théophile, relèvent davantage d’un exercice de communication que d’un véritable plan de redressement. Autonomie financière, bonne gouvernance, renforcement institutionnel : un discours recyclé, déconnecté d’une réalité où l’accès à l’eau potable demeure un luxe pour une large majorité de la population. À force d’annonces sans résultats durables, la crédibilité de la direction est sérieusement entamée.
La volonté affichée de rendre les services payants soulève une question fondamentale : comment exiger des paiements pour des services inexistants ou profondément défaillants ? Avant de parler de rentabilité, la DINEPA doit des explications sur la gestion de ressources déjà considérables, souvent issues de fonds publics et de partenaires internationaux, sans impact structurel visible. Cette fuite en avant financière ressemble davantage à un transfert du fardeau vers une population déjà asphyxiée.
Plus inquiétant encore, ces promesses émanent d’une direction régulièrement critiquée pour son manque de leadership et entourée de soupçons persistants de corruption et de mauvaise gestion. Aucun audit public crédible, aucun bilan transparent des projets annoncés, aucun mécanisme clair de redevabilité n’a été présenté. La « bonne gouvernance » invoquée reste un slogan vide, sans preuves ni engagements concrets.
Sur le terrain, les chiffres avancés se heurtent à une réalité implacable : réseaux défaillants, chantiers inachevés, stations sous-exploitées et services intermittents. L’exemple de Morne Cabris, incapable de fonctionner à pleine capacité faute de solutions structurelles, symbolise l’échec d’une gouvernance sans vision. Tant que la DINEPA continuera à privilégier le discours au détriment de la transparence et de l’action, l’eau potable restera une promesse non tenue pour des millions d’Haïtiens.
Guyno DUVERNE
duverneguyno@gmail.com

