Au moins 120 élus démocrates de la Chambre des représentants ont désormais apposé leur signature à une résolution visant à engager une procédure d’impeachment contre la secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis,
Kristi Noem, à la suite de deux fusillades mortelles impliquant des agents fédéraux à Minneapolis (Minnesota). Huit nouveaux co-signataires se sont ajoutés au texte durant le week-end, dans un contexte de tensions accrues autour des pratiques de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).
La résolution, portée par la représentante démocrate Robin Kelly (Illinois), invoque trois chefs d’accusation : « obstruction au Congrès », « violation de la confiance publique » et « auto-enrichissement ». Les articles reprochent notamment à la secrétaire d’avoir entravé le contrôle parlementaire sur les activités de l’ICE et du Department of Homeland Security, d’avoir encouragé des arrestations sans mandat et d’avoir contourné les procédures fédérales de passation de marchés.
L’initiative a pris de l’ampleur après la mort d’Alex Pretti, citoyen américain de 37 ans, tué samedi par un agent fédéral, quelques jours après un autre décès survenu le 7 janvier à Minneapolis. Si plusieurs sénateurs démocrates ont exprimé leur soutien, la direction du DHS a répliqué que l’agence « applique les lois adoptées par le Congrès », renvoyant les critiques à la voie législative.
Malgré cette mobilisation, l’issue demeure incertaine. La Chambre est contrôlée par les républicains, rendant l’adoption improbable, et une éventuelle condamnation au Sénat exigerait une majorité qualifiée des deux tiers. L’administration du président Donald Trump a défendu l’action des agents, tandis que des responsables républicains réclament une enquête complète.
Des manifestations contre le DHS et l’ICE sont attendues au Minnesota et dans d’autres États dans les prochains jours.

