Meta, TikTok et YouTube comparaissent cette semaine devant un tribunal de Los Angeles dans ce qui s’annonce comme le premier grand procès pour dépendance aux réseaux sociaux. Des parents accusent les plateformes d’avoir conçu des algorithmes visant à capter l’attention des adolescents, au détriment de leur santé mentale, afin de maximiser leurs profits.
Au cœur de l’affaire, une jeune femme affirme avoir développé anxiété et dépression après une exposition prolongée à plusieurs réseaux durant son enfance. Depuis 2022, des familles, des conseils scolaires et des procureurs américains ont multiplié les poursuites, certaines désormais regroupées devant la justice fédérale en Californie.
Les plaignants reprochent aux entreprises d’avoir dissimulé les risques connus de leurs produits, notamment la promotion de contenus favorisant des comportements nocifs. Les groupes technologiques rejettent ces accusations, invoquant la responsabilité des contenus produits par des tiers et rappelant l’existence d’outils de contrôle parental et de sécurité.
La bataille judiciaire s’inscrit dans un débat scientifique encore ouvert. Si plusieurs responsables politiques estiment que les réseaux aggravent la détresse psychologique des jeunes, des études récentes soulignent l’absence de lien direct et systématique, appelant à davantage de recherches.
L’enjeu dépasse ce seul procès. Une reconnaissance juridique du préjudice pourrait transformer durablement le modèle économique des plateformes et renforcer la régulation mondiale des technologies numériques.

