26 janvier 2026
Voltaire met en garde : la fin du TPS américain provoquerait un choc migratoire ingérable pour Haïti
Actualités Insécurité|Kidnapping Migrants Société

Voltaire met en garde : la fin du TPS américain provoquerait un choc migratoire ingérable pour Haïti

Port-au-Prince — Haïti ne disposerait ni des capacités institutionnelles ni des ressources socio-économiques nécessaires pour absorber un retour massif de ressortissants haïtiens si l’administration américaine met fin au Temporary Protected Status (TPS), a averti Leslie Voltaire, membre et ancien président du Conseil présidentiel de transition (CPT).

Selon M. Voltaire, la révocation annoncée du TPS — qui concerne environ 350 000 Haïtiens et doit prendre effet le 3 février — interviendrait dans un contexte de dégradation sécuritaire extrême. « La situation est grave : plus de 5 000 morts en 2025, des enlèvements, des violences sexuelles, des incendies d’écoles et de maisons. Les gangs sont aujourd’hui dominants », a-t-il déclaré, soulignant l’impossibilité matérielle d’intégrer de nouveaux rapatriés alors que plus de 1,4 million de personnes sont déjà déplacées à l’intérieur du pays.

Les Nations unies estiment que près de 80 % de Port-au-Prince échappe au contrôle effectif de l’État, tandis qu’environ 73 % des structures sanitaires sont fermées ou fonctionnent de manière minimale. À cette pression s’ajoutent plus de 200 000 expulsions en provenance de la République dominicaine depuis 2024. « Il n’y a ni logements ni emplois, y compris dans les quartiers les plus précaires, ce qui alimente les recrutements par les gangs », a ajouté M. Voltaire.

La décision américaine complique également l’agenda électoral. Les autorités de transition visent des élections au plus tard le 30 août, parallèlement au déploiement d’une force internationale de rétablissement de l’ordre soutenue par l’ONU. Or, le mandat du CPT doit s’achever le 7 février, soit quatre jours après l’expiration du TPS, accentuant l’incertitude institutionnelle.

Des témoignages recueillis aux États-Unis décrivent l’angoisse des bénéficiaires du TPS, installés parfois depuis plus d’une décennie, confrontés à l’absence de perspectives de retour sécurisé et de moyens de subsistance. Les experts en immigration soulignent l’absence de voie automatique vers la résidence permanente et recommandent des démarches individuelles urgentes (parrainage, visas, demandes d’asile), désormais fortement restreintes.

M. Voltaire appelle Washington à conditionner toute politique de retour à des investissements substantiels en matière d’emplois, d’éducation et de travaux publics afin d’éviter un effondrement social supplémentaire. « Si l’opinion américaine connaissait réellement les conditions en Haïti, elle ne souhaiterait pas ces renvois », a-t-il conclu.

Source : TCPalm (reportage et entretiens, janvier 2026).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.