Absent de la conférence de presse de Voltaire et Leblanc, Fritz Alphonse Jean défend le renvoi de Fils-Aimé pour incompétence malgré les pressions diplomatiques –
Port-au-Prince — L’ancien coordonnateur du Conseil présidentiel de la transition (CPT), Fritz Alphonse Jean, a réaffirmé la décision de révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, au lendemain de la conférence de presse tenue par Edgar Leblanc Fils et Leslie Voltaire, malgré le soutien exprimé ouvertement par plusieurs ambassades en faveur du maintien du chef du gouvernement de doublure.
S’exprimant lors d’un entretien exclusif accordé à un journaliste du Nord-Est, M. Jean a justifié cette position par la dégradation persistante de la situation sécuritaire. Il a indiqué qu’environ 80 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince demeure sous le contrôle de groupes armés, un constat qu’il juge incompatible avec la poursuite du statu quo gouvernemental.
L’ex-coordonnateur du CPT a également mis en cause l’exécution du budget dit de guerre, dont seulement 40 % aurait été engagé à ce stade. Les initiatives observées récemment ont été qualifiées d’efforts limités, insuffisants pour constituer une stratégie de sécurité structurée et durable.
Selon Fritz Alphonse Jean, la décision de réclamer le départ du Premier ministre s’inscrit dans la continuité de consultations menées avec plusieurs partis politiques. Ces formations auraient recommandé son éviction, estimant que la responsabilité de l’échec sécuritaire incombe directement à l’exécutif notamment la Primature ayant attendu au dernier moment pour faire un semblant.
Enfin, il a rappelé que la transition haïtienne ne peut être orientée par des pressions extérieures, mais par l’obligation de répondre aux attentes internes en matière de sécurité, de gouvernance et de respect de l’État de droit.

