Migrants aux États-Unis : l’alerte rouge de l’ONU
L’ONU sort du langage diplomatique pour parler clair : aux États-Unis, des migrants sont traqués, arrêtés et détenus dans des lieux censés protéger — écoles, hôpitaux, tribunaux, lieux de culte, parfois même à domicile. Pour le Haut-Commissaire Volker Türk, la mécanique actuelle relève moins de la loi que de la peur organisée.
Des familles se disloquent sans procédure digne de ce nom, des parents sont transférés sans information, des enfants disparaissent des salles de classe par crainte de ne plus revoir les leurs. Le droit devient secondaire, la suspicion suffit. Et quand la parole politique décrit les migrants comme des menaces ou des fardeaux, la brutalité administrative trouve sa justification morale.
Plus inquiétant encore : la hausse des décès en détention, au moins trente l’an dernier, déjà plusieurs cette année. L’ONU réclame des enquêtes indépendantes, pendant que des expulsions expéditives envoient parfois des personnes vers des pays où elles risquent persécution ou torture, voire vers des territoires avec lesquels elles n’ont aucun lien.
Certes, des juges, des élus, des avocats et des citoyens résistent, défendent, protègent. Mais leur action ressemble à un contre-courant face à une politique qui transforme la gestion migratoire en démonstration de force.
Le message de l’ONU est simple : la sécurité ne justifie pas la déshumanisation. Quand l’État confond contrôle et punition collective, ce n’est plus seulement la frontière qui se durcit, c’est l’idée même de justice qui s’effrite.

