21 janvier 2026
Haïti – Rapport de l’ONU : plus de 8 000 morts en 2025, un scrutin de 2026 juridiquement et matériellement fragilisé
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Haïti – Rapport de l’ONU : plus de 8 000 morts en 2025, un scrutin de 2026 juridiquement et matériellement fragilisé

Haïti – Conseil de sécurité / ONU

The question concerning Haiti – Security Council, 10093rd meeting | UN Web TV

Le rapport de 29 pages du Secrétaire général de l’ONU sur Haïti dresse un constat sévère d’une transition politique en échec, minée par l’insécurité généralisée, l’affaiblissement institutionnel et l’absence de perspectives crédibles à court terme. Le document reconnaît explicitement l’incapacité du Conseil présidentiel de transition à respecter l’échéance constitutionnelle du 7 février 2026 et à organiser les élections promises, tout en renvoyant la responsabilité d’un nouvel accord politique aux seuls acteurs haïtiens, dans un contexte de fragmentation extrême .

Sur le plan sécuritaire, le rapport confirme l’extension territoriale du contrôle des gangs, la banalisation des massacres hors de Port-au-Prince et un niveau de violence qualifié de systémique, avec plus de 8 100 homicides recensés en 2025. L’ONU relève une contradiction structurelle : malgré l’intensification des opérations policières et l’appui international, l’État ne parvient ni à rétablir son autorité ni à protéger efficacement les civils, tandis que des allégations d’exécutions extrajudiciaires et l’usage de sociétés militaires privées fragilisent davantage l’État de droit.

Le volet électoral apparaît juridiquement et matériellement fragile. Le calendrier fixé à août et décembre 2026 est conditionné à une amélioration sécuritaire incertaine, à un financement incomplet et à une administration électorale opérant sous assistance internationale permanente, ce qui pose la question de la souveraineté effective du processus. Le rapport admet que la crédibilité du scrutin dépendra moins des textes adoptés que de la capacité réelle de l’État à contrôler le territoire.

En matière de justice et de droits humains, le Secrétaire général souligne la persistance de l’impunité dans les crimes majeurs, l’effondrement du système pénitentiaire et l’extrême vulnérabilité des femmes et des enfants, notamment face aux violences sexuelles utilisées comme instrument de domination par les gangs. Les avancées institutionnelles mentionnées restent marginales au regard de l’ampleur des violations documentées.

En creux, le rapport met en évidence une dépendance accrue d’Haïti à l’égard de l’architecture sécuritaire internationale, avec la montée en puissance de la Force multinationale et la création du BANUH, sans résolution concomitante de la crise de légitimité politique. Cette dissociation entre sécurité sous tutelle internationale et gouvernance nationale affaiblie nourrit l’interrogation centrale : la stabilisation recherchée peut-elle être durable sans refondation politique endogène et mécanismes effectifs de responsabilité publique ?

Haïti – Conseil de sécurité / ONU

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