21 janvier 2026
Vidéo | Gangs terroristes : le DG a.i. Paraison appelle à la reddition, une amnistie est-elle envisagée après des milliers de morts en Haïti ?
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Vidéo | Gangs terroristes : le DG a.i. Paraison appelle à la reddition, une amnistie est-elle envisagée après des milliers de morts en Haïti ?

Un dirigeant chargé de la sécurité publique peut-il appeler à la reddition armée sans se référer explicitement à un fondement légal précis ? Alors que plusieurs groupes criminels opérant en Haïti sont qualifiés de terroristes par les États-Unis, l’appel lancé par le directeur général a.i. de la Police nationale d’Haïti, Vladimir Paraison, à déposer les armes pose une question centrale de légalité : en vertu de quel code de loi — pénal, procédural ou antiterroriste — une telle reddition pourrait-elle être juridiquement encadrée, sans méconnaître les principes de responsabilité pénale individuelle, d’égalité devant la loi et d’obligation de poursuites pour crimes graves ?

Une annonce relative à une éventuelle reddition armée relève-t-elle des attributions d’un chef de police, ou aurait-elle dû être portée par les autorités politiquement responsables de la sécurité publique ? L’absence de prise de parole des instances compétentes interroge sur la chaîne de responsabilité institutionnelle et sur la légitimité juridique d’un tel message.

PORT-AU-PRINCE, Haïti | Sécurité
Le directeur général par intérim de la Police nationale d’Haïti (PNH), Vladimir Paraison, a multiplié les appels à la reddition volontaire des groupes armés, tout en affirmant que les forces de l’ordre disposent de l’ensemble des capacités nécessaires pour intervenir en tout point du territoire national afin de rétablir l’ordre public.

S’exprimant mardi lors d’une conférence de presse à laquelle certains organes de presse avaient été conviés, M. Paraison a indiqué que la police a déployé « toutes les stratégies, sous toutes leurs formes », dans l’objectif de favoriser le retour de la paix en Haïti. Il a précisé que l’efficacité de ces opérations devra être appréciée dans la durée, soulignant que les résultats dépendront de l’évolution de la situation sécuritaire ainsi que de la coopération éventuelle des personnes concernées.

Le directeur général a.i. de la PNH a par ailleurs invité les individus impliqués dans la violence armée à se considérer comme des membres de la population civile, estimant qu’il subsiste des voies permettant d’éviter une issue préjudiciable. Il a évoqué la possibilité d’une reddition volontaire, soit directement auprès des forces de l’ordre, soit par l’intermédiaire de canaux alternatifs, notamment médiatiques, communautaires ou religieux — catholiques ou protestants — en excluant toute référence à des pratiques non reconnues par l’État.

Selon lui, toute personne qui accepterait de déposer les armes pourrait bénéficier d’un accompagnement sécurisé et serait conduite, dans le respect des normes en vigueur, devant les autorités compétentes afin de répondre personnellement des actes qui lui sont reprochés. Paraison a insisté sur le principe de responsabilité individuelle, précisant que ni les désignations arbitraires ni les accusations collectives ne sauraient fonder l’action des forces de l’ordre.

Dans le même temps, le directeur général a.i. a réaffirmé que la PNH conserve une pleine capacité coercitive. Il a assuré que la police est en mesure d’intervenir « en tout lieu et à tout moment » sur le territoire de la République, excluant toute interprétation selon laquelle l’appel à la reddition constituerait un renoncement à l’usage de la force légale.

Cette double posture — ouverture à la reddition volontaire et affirmation de la puissance opérationnelle — intervient dans un contexte marqué par des milliers de morts liés aux violences armées et par une forte attente de résultats concrets de la part de la population. Elle alimente des interrogations persistantes sur le cadre judiciaire qui serait appliqué aux personnes se rendant volontairement.

Peut-on envisager une reddition armée sans avoir préalablement reconnu la souffrance des milliers de familles endeuillées, des personnes déplacées, des victimes de viols et de crimes de masse ? Une telle initiative peut-elle émaner d’une seule autorité policière, sans consultation des victimes ni clarification sur les mécanismes de vérité, de justice et de réparation auxquels elles ont droit ?

Paraison a, par ailleurs, appelé à éviter toute stigmatisation ou instrumentalisation des identités, rappelant que chaque individu devra répondre de ses propres actes. Il a également exhorté la population à ne pas se laisser entraîner dans des lectures partisanes de la situation sécuritaire, insistant sur le fait que l’objectif prioritaire demeure la pacification du pays.

La PNH a enfin indiqué concentrer l’essentiel de ses efforts sur les opérations de sécurisation, reléguant au second plan toute activité jugée secondaire, dans un contexte où la restauration de l’ordre public est présentée comme une condition préalable au retour à la normalité institutionnelle.

cba

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