Haïti : Voltaire dénonçait Michel Martelly et les gangs en janvier 2025, puis co-signait en décembre un décret sur la Haute Cour de Justice limitant les poursuites contre les anciens dirigeants incriminés
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Port-au-Prince — Le 29 janvier 2025, Leslie Voltaire accusait publiquement l’ancien président Michel Martelly d’avoir favorisé l’émergence et la consolidation de gangs armés en Haïti, posant explicitement la question d’une réponse judiciaire face à ces allégations. Ces déclarations s’inscrivaient dans un contexte marqué par des rapports et sanctions internationales évoquant des liens persistants entre sphères politiques et criminalité organisée.
En décembre 2025, un décret controversé relatif à la Haute Cour de Justice, co-signé par Voltaire dans le cadre de la transition, a provoqué une vague de critiques. Le texte est interprété par plusieurs juristes et acteurs civiques comme introduisant des verrous procéduraux susceptibles de restreindre les poursuites contre d’anciens hauts commis de l’État, ravivant les inquiétudes autour de l’impunité.
Dans une déclaration distincte, Josué Renaud, défenseur des droits humains, a estimé que ce décret constituait « un signal politique négatif » envoyé à la société haïtienne. Selon lui, toute réforme touchant la Haute Cour de Justice qui réduit la capacité de poursuite contre d’anciens responsables compromet la crédibilité de l’État de droit et affaiblit la lutte contre les crimes graves, y compris ceux liés aux gangs armés, notamment Michel Martelly.
Pour les observateurs, l’enchaînement de ces positions contradictoires — accusations publiques contre un ancien chef d’État, suivies d’une réforme judiciaire perçue comme protectrice des élites — démontre les tensions structurelles de la transition haïtienne et alimente le débat sur la volonté réelle des autorités de rompre avec la culture d’impunité.

