Donald Trump, de retour à la Maison-Blanche depuis un an, a déjà autorisé presque autant de frappes aériennes et de drones que l’ensemble du mandat de son prédécesseur, Joe Biden, selon une compilation de l’ONG indépendante Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED).
Entre le 20 janvier 2025 et début janvier 2026, les forces armées américaines ont mené au moins 672 frappes aériennes ou de drone, contre 694 frappes réalisées au cours des quatre années de la présidence Biden (2021-2025). Cette dynamique est particulièrement nette pour les opérations unilatérales : Trump en compte 587, bien plus que les 494 de Biden sans soutien de coalition.
La majorité des frappes ont visé le Yémen, avec plus de sept raids sur dix dirigés contre les rebelles houthis, tandis qu’environ 20 % ont ciblé des groupes islamistes en Somalie. Les forces américaines ont aussi mené des opérations au Nigeria, en Syrie, en Irak et en Iran. Depuis septembre, une série d’attaques a également visé des embarcations qualifiées de liens avec le trafic de drogue dans les Caraïbes et le Pacifique.
Au total, ces actions ont, selon ACLED, causé plus de 1 000 victimes, dont des civils. Clionadh Raleigh, directrice générale d’ACLED, estime que cette multiplication des frappes remet en question le respect des règles internationales et souligne une tendance où les décisions militaires semblent guidées davantage par la « morale personnelle » du président que par des cadres institutionnels ou juridiques.
Cette évolution soulève des interrogations sur l’orientation future de la politique étrangère américaine, à l’heure où les engagements militaires hors zones de guerre déclarées deviennent de plus en plus fréquents.

