14 janvier 2026
Bel-Air : intensification des opérations policières, déplacement de la population civile encouragé
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Bel-Air : intensification des opérations policières, déplacement de la population civile encouragé

Au moins quatorze drones chargés d’explosifs ont été lancés mardi dans le quartier de Bel-Air par les forces de l’ordre, dans l’objectif de chasser les groupes criminels qui y opèrent. Parallèlement, la capture ou la neutralisation d’importants chefs de gang se fait encore attendre.

Plus de cinq mille familles ont dû fuir le quartier de Bel-Air, visé ces derniers jours par des opérations policières, rapporte le directeur exécutif de l’organisation de la société civile Konbit pour la paix et le développement. Ces exodes font suite aux interventions des forces de l’ordre visant à déloger les gangs armés liés à « Viv Ansanm », explique Fritznel Pierre. Pour l’heure, il est impossible de dresser le bilan des dégâts causés par les drones chargés d’explosifs, en raison de la configuration des lieux et de l’inaccessibilité des fiefs des bandits.

Dans les rangs de la PNH, aucun dispositif n’a été adopté pour contenir le déplacement des criminels vers d’autres fiefs alliés. Certains malfrats ont eu le temps d’abandonner leurs bases sans être repérés ni localisés par les services de renseignement de la police. Les chefs de gangs, les bandits notoires et les caïds, dont Jimmy « Barbecue » Chérizier, Wilson « Lanmò san jou » Joseph et Jeff Larose alias « Gwo Lwa », se montrent peu affectés par l’intensification des raids des forces de sécurité publique. Sur les réseaux sociaux, ils dénoncent des cas de massacres perpétrés contre la population civile des quartiers précaires de Port-au-Prince.

La crise humanitaire engendrée par l’intensification des opérations policières affecte des milliers de personnes. Accueillis dans des abris de fortune, les déplacés peinent à se nourrir et à se loger, dénonce Fritznel Pierre, qui craint une explosion des cas de maladies dues aux conditions infrahumaines dans les camps improvisés. D’autres résidents de Bel-Air, déterminés à rester dans leurs maisons malgré les frappes, ont été contraints de revoir leur position. Des policiers, perchés dans des blindés, encouragent les réfractaires à abandonner la zone de Bel-Air, sous peine d’en être victimes collatérales.

Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

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