11 janvier 2026
Médiation : « Mgr Dumas, dirigeant du REN, ne peut être un arbitre impartial », soutient Pierre Espérance
Actualités Politique

Médiation : « Mgr Dumas, dirigeant du REN, ne peut être un arbitre impartial », soutient Pierre Espérance

En réaction à la correspondance de Mgr Pierre André Dumas, adressée au coordonnateur du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, en vue de conduire un processus de médiation à l’approche du 7 février, le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance, estime que l’évêque du diocèse de Miragoâne/Anse-à-Veau ne peut être à la fois juge et partie.

Le responsable du RNDDH, Pierre Espérance, dit saluer l’engagement constant de l’évêque haïtien Mgr Pierre André Dumas en faveur du consensus et de l’entente politiques. Toutefois, le défenseur des droits humains rappelle que le prélat est un membre reconnu du REN, une organisation politique ayant porté Lynn Niolah Octavius Sarah Dévalis à la tête du ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique (MJSAC). De surcroît, la titulaire de ce ministère, épinglée dans un rapport de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) pour le détournement de plus de 60 millions de gourdes, bénéficierait du soutien du directoire du REN ainsi que de celui de Régine Abraham, membre du CPT.

Dans ce contexte, la médiation sollicitée par le membre de la Conférence épiscopale haïtienne (CEH), afin d’éviter au pays un vide institutionnel, apparaît inadmissible aux yeux de Pierre Espérance. Selon lui, Mgr Pierre André Dumas ne saurait être à la fois juge et partie, étant indirectement lié au gouvernement à travers la représentation de la ministre Lynn Niolah Octavius Sarah Dévalis. Une situation qui, analyse-t-il, fragilise la sérénité du processus de médiation et met en cause l’objectivité et l’impartialité du leader religieux. Il dénonce par ailleurs le silence jugé complice du REN et de la conseillère Régine Abraham face au scandale de corruption ayant éclaboussé la ministre.

Parallèlement, Pierre Espérance indique que l’initiative de médiation ne bénéficie pas de l’aval du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH). En Haïti, précise-t-il, l’entité onusienne a nié toute validation de l’approche de médiation soutenue par l’Église catholique. En définitive, conclut-il, il est inadmissible qu’un parti politique, représenté dans la transition dite apaisée, issue d’un bilan jugé décevant après 21 mois, puisse prétendre jouer le rôle de médiateur.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.