11 janvier 2026
Opération Atlantique : quand Washington arrache le Marinera des eaux libres et flirte avec un incident maritime mondial
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Opération Atlantique : quand Washington arrache le Marinera des eaux libres et flirte avec un incident maritime mondial

Par Reynoldson Mompoint

Port-au-Prince, le 07 janvier 2026

Atlantique Nord — À 15 h 00 (heure de Moscou), dans l’immensité corrosive du Nord Atlantique, une opération militaire spectaculaire menée par des forces spéciales des États-Unis a mis fin à plus de deux semaines de « jeu du chat et de la souris » entre la puissance de feu de Washington et un navire battant pavillon russe.

Le pétrolier Marinera, ancien Bella 1, a été arraché au large des côtes islandaises par assaut aéroporté, marquant non seulement une victoire tactique pour l’administration américaine, mais un point de rupture dans le droit maritime moderne.

L’opération, placée sous l’autorité conjointe du Department of Homeland Security, du Department of War et de la Justice américaine, s’est déroulée après une poursuite débutée fin décembre 2025 dans les eaux de la Caraïbe, lorsqu’une tentative de prise de contrôle du pétrolier par les garde-côtes avait échoué.

Le navire avait alors mis le cap vers l’Atlantique, changeant de nom, repeignant sa coque aux couleurs russes et clamant une immatriculation « officielle » auprès de Moscou dans une tentative désespérée de se soustraire aux traceries judiciaires américaines.

Les autorités américaines disent avoir agi « pursuant à un mandat d’un tribunal fédéral », affirmant que le Marinera faisait partie d’une « shadow fleet » de tankers sanctionnés pour leurs liens avec le transport illégal de pétrole vénézuélien, iranien et d’autres cargaisons aux rejets géopolitiques toxiques.

Mais à Moscou, la tonalité est autre. La ministère des Transports russe a vigoureusement condamné l’opération, qualifiant la saisie en haute mer de violation flagrante de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer — jusqu’à citer des autorités russes parlant d’« acte de piraterie » — tout en exigeant le retour des marins russes et un traitement « humain et décent » de l’équipage.

Ce face-à-face à des milliers de kilomètres des côtes américaines vient s’ajouter à une escalade géopolitique déjà explosive. L’opération intervient dans un contexte où les États-Unis ont durci leur « blocus » des exportations pétrolières vénézuéliennes et multiplié les mesures coercitives contre ce qu’ils qualifient de réseaux d’évasion de sanctions.

Washington n’a pas seulement capturé un tanker : il a envoyé un message aux capitaines de l’ombre et aux États protecteurs de ces navires qu’aucune mer n’est hors de portée des tribunaux américains, même si cela signifie ignorer les conventions internationales dans leur forme interprétée par d’autres puissances.

Perspectives d’avenir : escalade ou recalibrage ?

Ce braquage maritime en pleine haute mer est susceptible de provoquer un tournant dans les doctrines navales et juridiques du XXIᵉ siècle. Pour Moscou, il ne s’agit plus d’un simple incident diplomatique : les autorités russes pourraient durcir leurs règles de protection des navires battant pavillon russe, voire convoquer une réponse légale ou militaire en représailles. À Washington, l’administration affirme que cette action s’inscrit dans un cadre légal interne et stratégique plus vaste, visant à contrôler les flux pétroliers qui, selon elle, financent des régimes et des réseaux jugés « hostiles » à la sécurité américaine.

Dans les couloirs feutrés des institutions internationales, la question désormais n’est pas seulement juridique, mais politique : quand une puissance revendique le droit d’arrêter un navire dans les eaux internationales contre l’avis de son État « protecteur », quels seront les garde-fous de l’ordre maritime mondial ?

L’Organisation maritime internationale, l’ONU et les grandes puissances vont devoir répondre — soit par un cadre juridique réaffirmé, soit par une série d’alignements stratégiques prolongeant la loi du plus fort au large des côtes du monde.

Ce n’est plus seulement une bataille sur l’Atlantique : c’est l’ouverture d’une nouvelle ère où la mer, ce bien commun de l’humanité, est en train de devenir le théâtre d’un bras de fer juridico-politique aux conséquences globales. 

Sources : Reuters, Bloomberg, Al Jazeera, Associated Press (AP), Anadolu Agency (AA), The Washington Post, The Guardian, Business Insider, Time Magazine.

Reynoldson MOMPOINT 

mompointreynoldson@gmail.com

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