À Minneapolis, des habitants s’organisent pour venir en aide aux familles immigrées affectées par les opérations de la police fédérale de l’immigration (ICE), dont la présence accrue depuis début décembre suscite crainte et désorganisation dans plusieurs quartiers.
Jennifer Arnold, résidente de la ville, a lancé un système informel de ramassage scolaire après l’arrestation d’un voisin par l’ICE. De nombreuses familles, redoutant d’être interpellées, n’osaient plus accompagner leurs enfants jusqu’aux arrêts de bus. En quelques semaines, ce réseau de bénévoles s’est élargi pour soutenir une trentaine de familles, assurant les trajets domicile-école et parfois l’accès à l’alimentation.
Pendant les vacances de Noël, des distributions de nourriture ont également été organisées grâce à des foyers volontaires, invités à « adopter une famille » temporairement. Cette mobilisation s’est intensifiée après la mort d’une mère de famille américaine, abattue mercredi par un agent de l’ICE lors d’une intervention dans un quartier résidentiel.
Dans certains secteurs, des habitants utilisent des sifflets pour signaler la présence des agents et alerter le voisinage. Les écoles tentent elles aussi de s’adapter : la ville de Minneapolis a annoncé la mise en place d’un enseignement à distance jusqu’à mi-février pour les élèves qui en auraient besoin.
Selon des parents et éducateurs, au-delà des familles directement concernées, l’impact psychologique touche de nombreux enfants, confrontés à la peur, à la séparation et à l’incertitude au sein de leur communauté.

