Par Reynoldson Mompoint
Port-au-Prince, le 09 janvier 2026
La musique haïtienne vient de perdre l’un de ses artisans les plus respectés, mais l’essentiel demeure : Dieudonné Larose ne s’éteint pas. Il se prolonge. Il survit. Il traverse le temps à travers une œuvre qui a su conjuguer sensibilité, rigueur artistique et fidélité à l’âme haïtienne.
Compositeur inspiré, interprète habité, Dieudonné Larose a marqué plusieurs générations par une musique qui ne cherchait ni l’effet facile ni la mode passagère. Ses chansons portaient la densité du vécu, la poésie du quotidien et cette mélancolie digne qui caractérise les grandes œuvres. Chez lui, la musique n’était jamais un simple divertissement : elle était mémoire, témoignage, parfois résistance.
Dans un paysage musical souvent soumis aux turbulences du marché et de l’instantané, Dieudonné Larose a choisi la profondeur. Il a chanté l’amour, la douleur, l’espoir, mais aussi Haïti dans ses silences et ses blessures. Sa voix, reconnaissable entre toutes, savait apaiser autant qu’interpeller.
Aujourd’hui, 09 janvier 2026, l’homme s’efface à 80 ans au Canada, mais l’artiste demeure. Ses œuvres continuent de circuler, d’émouvoir, de transmettre. Elles rappellent que certaines voix ne disparaissent jamais vraiment, parce qu’elles ont su toucher juste, parler vrai et inscrire leur passage dans la mémoire collective.
Dieudonné Larose appartient désormais à cette catégorie rare d’artistes dont la mort n’est pas une fin, mais un passage vers l’intemporalité.
La musique haïtienne lui doit beaucoup. L’histoire, elle, retiendra son nom.
Reynoldson Mompoint, Avocat, Communicateur Social, Journaliste
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